Avantages et désavantages du financement public des partis politiques et des candidatsLe financement public est l’octroi par l’État ou le gouvernement de fonds ou d’autres ressources aux partis politiques ou aux candidats. La loi précise souvent que les partis et les candidats doivent avoir un accès équitable aux fonds publics, mais les règles gouvernant leur répartition ne sont pas toujours fixées explicitement. Même lorsqu’elles le sont, on accuse souvent (à tort ou à raison) le parti ou les candidats au pouvoir de faire un usage impropre des ressources publiques. Par ailleurs, le cadre juridique peut également être conçu de manière à encourager le pluripartisme.
Le financement public est soit direct ou indirect.
Il est direct s’il est remis aux partis politiques ou aux candidats sous forme d’argent – le plus souvent par virement bancaire, mais parfois par chèque ou en espèces.
Il est indirect s’il s’agit de ressources non monétaires fournies par le gouvernement aux partis ou aux candidats.
Arguments contre le financement public
Les opposants au financement public des partis ou des candidats invoquent souvent les arguments suivants :
Nombreux sont ceux qui estiment que les contribuables ne devraient pas être forcés de soutenir – par l’intermédiaire du Trésor public – des partis politiques ou des candidats pour lesquels ils ne voteraient jamais. Au contraire, ils devraient pouvoir choisir s’ils souhaitent ou non financer un parti ou un candidat.
Le financement public des partis et des candidats est souvent impopulaire. Nombreux sont ceux qui considèrent que les ressources publiques limitées devraient être consacrées d’abord aux écoles, aux hôpitaux, aux routes ou au paiement des employés de l’État et que l’aide aux partis et candidats n’est pas une priorité.
La décision d’accorder des fonds publics aux partis ou aux candidats est le plus souvent prise par l’assemblée législative (ou, parfois, par le gouvernement). C’est dire que les partis et les candidats qui recevront l’argent sont aussi ceux qui prennent la décision.
Lorsque la totalité ou une partie considérable de leur financement vient de l’État plutôt que de la base, les partis risquent de perdre leur indépendance et de devenir non plus des composantes de la société civile, mais des organes de l’État.
Arguments en faveur du financement public
La majorité des pays du monde accordent sous une forme ou une autre du financement public aux partis ou aux candidats. Tout convaincants que soient les arguments ci-dessus, d’autres militent plutôt en faveur du financement public.
Les partis politiques et les candidats ont besoin d’argent pour faire campagne, rester en contact avec leurs électeurs, établir leur plate-forme et payer leurs employés. Par conséquent, les pays qui veulent des partis stables ou des candidats indépendants doivent être prêts à les aider financièrement.
Lorsque les partis et les candidats reçoivent au moins une partie de leur financement de l’État, ils ont peut-être moins besoin d’accepter l’argent de donateurs intéressés qui cherchent à influer sur leurs politiques ou leurs votes à l’assemblée législative.
Les particuliers versent parfois leurs contributions à la condition que le parti ou le candidat change de comportement. De même, l’État peut utiliser les fonds publics pour égaliser les chances ou encourager (voire forcer) les partis à entreprendre des réformes, à tenir des courses à la direction ou à présenter un minimum de candidats issus de groupes sous-représentés (femmes, jeunes, minorités ethniques).
Quand les partis et les candidats reçoivent une bonne partie de leur financement de l’État, il est plus facile de les obliger à divulguer leurs recettes et dépenses. Et si leurs états financiers sont rendus publics, les électeurs peuvent décider quelles sources de financement des partis sont acceptables, et obliger les politiciens à se justifier.
Dans de nombreux pays, les appuis aux différents partis politiques et candidats suivent les clivages socioéconomiques. Par exemple, les partisans des partis travaillistes ou des classes populaires sont habituellement moins riches que ceux des autres partis. Donc, si les partis reçoivent tout leur financement de sources privées, les différences socioéconomiques de la société (habituellement acceptées) risquent d’engendrer des différences de représentation ou d’accès au pouvoir (habituellement non acceptées).
De plus en plus, faire de la politique coûte cher. Les partis et les candidats comptaient autrefois beaucoup sur le porte-à-porte bénévole, mais ils doivent aujourd'hui acheter à grands frais des publicités dans les journaux, des pancartes ou du temps d’antenne à la radio ou à la télévision. En outre, beaucoup de partis dépensent davantage en salaires depuis quelques décennies.
Les citoyens qui vivent près du seuil de la pauvreté ne donneront certainement pas de fortes sommes aux partis politiques ou aux candidats. Dans les sociétés pauvres, le financement public peut donc permettre l’existence d’un système pluripartiste que ne saurait soutenir par elle-même la population démunie. Financement public indirect des partis et candidatsLe financement public est soit direct ou indirect.
Il est direct s’il est remis aux partis politiques ou aux candidats sous forme d’argent – le plus souvent par virement bancaire, mais parfois par chèque ou en espèces.
Il est indirect s’il s’agit de ressources non monétaires fournies par le gouvernement aux partis ou aux candidats. Ce type de financement est habituellement moins sujet à controverse que le financement direct, mais il est également moins utile, quoique les ressources données puissent parfois atteindre une valeur monétaire considérable.
Le financement indirect peut prendre diverses formes, dont les plus courantes sont les suivantes :
Répartition du financement public directLa répartition du financement public direct est fondée sur une formule déterminant le montant que chaque parti ou candidat doit recevoir. Trois grands principes peuvent gouverner la répartition : l’égalité, la proportionnalité et les besoins. Le plus souvent, la formule choisie combine ces trois principes. Par exemple, tous les partis représentés au Parlement peuvent recevoir un petit montant égal, ou au contraire un montant plus élevé en proportion des suffrages recueillis à la dernière élection. Un montant peut également être octroyé aux partis dont c’est la première élection. Enfin, les fonds peuvent être répartis selon différentes formules, en fonction des utilisations permises ou obligatoires.
La répartition fondée sur l’égalité peut prendre les formes suivantes :
Le versement de montants égaux uniquement aux partis ayant fait élire un certain nombre de candidats permet de parer au risque de versement de fonds publics à des partis frivoles, mais peut également décourager les nouveaux partis et candidats. D’ailleurs, comme tous les partis ne peuvent ne pas être représentés à l’assemblée législative, les petits partis feront toujours l’objet d’une discrimination. Cette discrimination peut être utile, si elle permet à l’assemblée législative d’être une entité décisionnelle fonctionnelle. En revanche, elle peut avoir des conséquences imprévues si le nombre de sièges détermine le financement public versé. Comme ce mode de répartition est fondé sur les partis politiques, il est courant dans les pays où le système électoral est axé sur les partis plutôt que sur les candidats.
Un plus grand nombre de partis et candidats touchent ainsi un financement, mais les petits partis et les nouveaux partis restent désavantagés.
On peut élargir encore le groupe des entités financées en accordant des fonds publics à tous les partis et candidats ayant reçu une certaine proportion (habituellement 1 à 2 %, plus rarement un nombre absolu) du total des votes exprimés à la dernière élection, sans nécessairement avoir été élus.
La répartition est proportionnelle lorsque les fonds touchés par les partis ou les candidats sont fonction par exemple du nombre de candidats présentés ou de votes reçus. Les critères suivants peuvent alors être employés :
Cette méthode de répartition est surtout utilisée dans les pays où le système électoral est axé sur les partis et non sur les candidats.
Dans ce cas, les fonds publics servent à encourager les partis à accorder l’investiture à davantage de femmes ou de candidats de groupes sous-représentés.
On reproche souvent au financement public direct de briser le lien de dépendance qui doit exister entre les partis et candidats et leurs membres ou partisans, lien qui garantit qu’on écoutera la base au moment de choisir un chef ou une politique. Le système des « subventions de contrepartie » vise à pallier cette inquiétude : il accorde aux partis et candidats des fonds publics en proportion des sommes qu’ils ont obtenues de leurs membres ou partisans. Cette méthode peut toutefois désavantager les petits partis ou les nouveaux partis, s’ils sont incapables d’organiser des campagnes de financement efficaces.
Comme on l’a vu plus haut, les petits partis font l’objet d’une certaine discrimination dans tous les systèmes électoraux, au nom de l’efficacité décisionnelle de l’assemblée législative. Or, cette discrimination peut être lourde de conséquences et particulièrement désavantageuse pour les petits partis si les fonds sont accordés proportionnellement au nombre de sièges remportés. Par contre, cette méthode fait que seuls les partis ayant démontré leur attrait populaire sont financés.
Cette méthode désavantage encore les petits partis et les nouveaux partis, mais dans une moindre mesure que la méthode fondée sur les sièges remportés.
La répartition des fonds selon le nombre de sièges ou de votes obtenus est fondée sur l’idée que les partis doivent prouver leur attrait populaire avant de toucher des fonds publics. Or, cet attrait se démontre aussi par le nombre de membres inscrits au parti, et si les fonds publics sont répartis en fonction du nombre de membres, les nouveaux partis jouissant d’un grand appui ont une meilleure chance d’en recevoir. Cela dit, la longueur des listes de membres d’un parti ne permet pas nécessairement de présumer de la proportion des suffrages qu’il obtiendra à l’élection générale, et la vérification des registres des partis par les autorités électorales peut être difficile et longue.
Enfin, on peut répartir les fonds en fonction des besoins spéciaux des partis politiques, afin d’égaliser les chances entre les partis :
Versement du financement public directLe moment où les fonds publics sont versés aux partis politiques ou aux candidats varie selon les pays. Il dépend de deux choses : les usages permis ou obligatoires de ces fonds publics; et le mode de répartition des fonds publics entre les partis et candidats.
Les fonds publics peuvent être distribués en fonction du cycle électoral, de l’année civile ou financière, ou des deux.
Versement selon le cycle électoral Les fonds publics sont souvent versés en fonction du cycle électoral, entre autres dans les pays où ces fonds sont destinés aux campagnes électorales. Ils peuvent être versés avant ou après l’élection, tout dépendant de la formule de répartition.
Les fonds peuvent être distribués avant l’élection si la formule de répartition est fondée sur le nombre de candidats présentés par chaque parti à l’élection, sur le nombre de sièges détenus par chaque parti à l’assemblée législative nationale ou sur le nombre de membres de chaque parti, ou si le pays veut appuyer les nouveaux partis qui peuvent être incapables de financer leur première campagne.
Par contre, si les fonds sont destinés à rembourser les dépenses électorales des partis, ou s’ils sont calculés selon le nombre de votes ou de sièges obtenus, ils seront évidemment versés après l’élection.
Des avances peuvent être versées aux partis avant l’élection ou tout de suite après, jusqu’à ce que les montants finaux soient calculés une fois connus les résultats précis.
Versement selon l’année civile ou financière Les fonds sont souvent versés selon le calendrier civil ou financier dans les pays où ils sont destinés aux activités courantes du parti plutôt qu’à ses campagnes électorales. Dans ce cas, on dit parfois que la distribution a lieu entre les scrutins, plutôt qu’à une ou l’autre étape des scrutins.
Comme les fonds publics, dans un même pays, sont souvent destinés à différents usages ou alloués selon une formule mixte, les partis et les candidats reçoivent souvent des montants en plusieurs versements, à divers moments du processus électoral.
Financement public direct et indirectOn entend par financement public les fonds ou ressources fournis par l’État ou le gouvernement aux partis politiques ou aux candidats.
Les partis politiques et les candidats doivent avoir un accès équitable aux fonds publics, et les règles régissant leur versement doivent être énoncées clairement dans la loi. Il est particulièrement important de prévenir l’abus des ressources publiques par le parti ou les candidats en place. Par ailleurs, le cadre législatif devrait encourager l’essor et la viabilité du pluripartisme.
Le financement public est soit direct, soit indirect.
Il est direct s’il est donné aux partis politiques sous forme monétaire – le plus souvent par virement bancaire.
Il est indirect s’il prend la forme de ressources non monétaires fournies par le gouvernement aux partis politiques. Pour plus de renseignements, voir la section « Financement public indirect des partis et candidats ».
L’usage du financement public directL’État peut donner des directives sur l’usage acceptable des fonds publics qu’il accorde aux partis politiques ou aux candidats. Ces directives sont parfois de simples recommandations, parfois des règles absolues sur les usages acceptables ou interdits.
Les directives seront différentes selon que les fonds publics doivent servir aux campagnes électorales (ce qui est plus fréquent lorsqu’ils sont fournis aux candidats) ou à des activités courantes non électorales (ce qui est plus fréquent lorsque les fonds sont versés aux partis). Des fonds peuvent être réservés explicitement à des usages précis, ou les partis ou les candidats peuvent être autorisés à répartir librement les fonds entre divers usages autorisés.
Outre les campagnes électorales et les activités courantes des partis, des fonds sont souvent prévus pour les fins suivantes :
Divulgation publique des finances des partisTrès souvent, les partis politiques ou les candidats sont tenus de déclarer leurs recettes ou leurs dépenses à l’organisme électoral ou à une autre autorité, ou de faire vérifier leurs états financiers par les autorités électorales. Dans ce cas, les états financiers sont habituellement divulgués publiquement après vérification. Les règlements sur la production des rapports financiers ou la divulgation des données financières doivent trouver un juste milieu entre le désir du public de savoir (transparence) et celui des donateurs et des destinataires de garder la confidentialité (vie privée). Le respect de la confidentialité est particulièrement important dans les pays où les donateurs sont exposés à des risques de harcèlement, tandis que la transparence est surtout privilégiée là où les partis ne jouissent pas d’une grande confiance populaire.
La divulgation publique des données financières a de nombreuses utilités, et notamment de faciliter la lutte des autorités électorales contre les sources de financement illégales et d’aider les électeurs à faire des choix électoraux informés. Les règles sur les finances des partis se distinguent habituellement d’un pays à l’autre selon qu’ils impliquent ou non une divulgation publique.
Les partisans de la divulgation publique des finances des partis font valoir que les électeurs ont le droit de connaître les sources d’argent des partis et des candidats afin de pouvoir faire un choix éclairé le jour de l’élection. La publication des états financiers peut ainsi :
Si on sait qu’un parti ou un candidat a reçu une forte somme d’un particulier ou d’une entreprise et qu’il prône ensuite une politique directement favorable au donateur, les médias et les citoyens pourront plus facilement questionner ses motifs.
Lorsque les partis ou les candidats reçoivent un financement partiel ou complet de l’État, la divulgation publique permet aux contribuables de savoir à quoi leur argent a servi.
Il peut être coûteux et difficile – voir impossible – de faire respecter les lois interdisant certaines sources de fonds ou dépenses et celles imposant des plafonds aux recettes ou aux dépenses des partis et candidats. La divulgation publique des états financiers peut se substituer à ces mesures, ou venir les compléter : les électeurs, ainsi informés, pourront refuser de voter pour les partis et candidats financés par des sources discutables.
Pour être utile, l’information financière divulguée publiquement doit répondre à quatre critères : elle doit être [1] :
Note [1] Karl-Heinz Nassmacher, « Monitoring, Control and Enforcement of Political Finance Regulation », dans Austin, Reginald et Maja Tjernström, Handbook on Funding of Political Parties and Election Campaigns, Stockholm, International IDEA, 2003, p. 144.
Sources de fonds interditesOutre l’État, diverses sources de fonds peuvent servir à soutenir financièrement les partis politiques : cotisations des membres, dons de particuliers (ou d’entreprises) ou revenus tirés de propriétés ou d’entreprises. Pour éviter que les partis deviennent des organes de l’État au lieu d’organisations proches de leurs membres, la plupart des pays acceptent ou encouragent le recours des entités politiques à diverses sources d’argent. Celles-ci s’accompagnent toutefois toujours de certains risques pour la démocratie. C’est pourquoi les contributions venant de sources manifestement contestables peuvent être interdites ou limitées. Les dons de particuliers et les cotisations des membres sont probablement les deux seules sources toujours permises.
Les sources le plus souvent interdites sont les suivantes :
L’application de ces interdictions peut être difficile puisque les autorités devraient pouvoir contrôler toutes les entrées d’argent des partis politiques – y compris les contributions en espèces, facilement dissimulables. L’administration des dispositions de prohibition est donc coûteuse en temps et en ressources. Cependant, nombreux sont ceux estimant que la protection qu’elles confèrent vaut bien ces investissements, tandis que d’autres préféreraient d’autres mécanismes de réglementation ou de surveillance des revenus des partis. Si les interdictions pures et simples paraissent difficiles à délimiter, l’imposition de plafonds aux contributions permises peut contrer l’influence indue des contributions sans pour autant limiter la gamme des sources de fonds accessibles aux partis.
Plafonds des dépenses électoralesPour la plupart des partis politiques du monde, il en coûte de plus en plus cher de mener des campagnes électorales. Par conséquent, les partis moins fortunés se trouvent désavantagés. L’imposition de plafonds aux dépenses électorales vise à endiguer l’augmentation des coûts et à égaliser les chances entre tous les partis.
Les plafonds des dépenses électorales sont souvent fixés par l’assemble législative, l’organisme électoral ou une autre autorité chargée de la réglementation du financement politique. Lorsque les plafonds sont prescrits par la loi, ils prennent souvent la forme non pas de chiffres absolus, mais de multiples du salaire minimum ou de montants rajustables selon l’inflation.
Limitation des contributionsOutre l’État, diverses sources de fonds peuvent servir à soutenir financièrement les partis politiques : cotisations des membres, contributions de particuliers et (dans certains pays) d’entreprises, ou revenus tirés de propriétés ou d’entreprises. Cependant, toutes les sources comportent certains risques pour la démocratie. C’est pourquoi de nombreux pays limitent ou interdisent les contributions venant de sources contestables. Pour plus de renseignements sur les interdictions, voir la section « Sources de fonds interdites ».
Les plafonds des contributions cherchent à établir une ligne de démarcation entre « participation financière » et « achat d’influence »; pour ce faire, ils fixent une limite aux montants qu’un donateur peut verser à un parti politique ou un candidat. Ces plafonds empêchent les gros dons, mais encouragent les partis à compter sur un ensemble de donateurs plus équilibré et diversifié. Ils peuvent être particulièrement efficaces lorsqu’ils sont combinés à de rigoureuses exigences de divulgation publique.
Réglementation financièreLa réglementation du financement politique peut différer considérablement, d’un pays à l’autre, quant à ses motifs et à ses visées. Cette réglementation peut viser au moins quatre objectifs : prévenir l’abus; favoriser une compétition politique équitable; habiliter les électeurs; et renforcer les partis en tant qu’acteurs efficaces de la démocratie.
La prévention de l’abus est la principale raison d’être des règles telles que les plafonds des contributions et l’interdiction de certaines sources de fonds. On veut ainsi minimiser les risques de corruption et l’influence indue de l’argent en politique.
On peut favoriser une compétition équitable et égaliser les chances entre les partis en accordant à chacun des fonds publics, en recourant à l’action affirmative au profit des groupes sous-représentés, ou en limitant le total des dépenses électorales permises.
La réglementation financière peut servir à habiliter les électeurs. En effet, en exigeant des partis qu’ils divulguent leurs recettes et leurs dépenses, on permet aux électeurs de savoir quelles sont les sources de soutien des partis et des candidats, et de voter en conséquence, selon qu’ils considèrent ces sources comme acceptables ou non.
Le renforcement des partis est souvent l’objectif le plus difficile. Les pays qui souhaitent favoriser des partis forts, démocratiques et à l’écoute de leurs membres peuvent verser des subventions égales aux contributions reçues, accorder des fonds pour la formation ou le perfectionnement, et de façon générale instaurer une législation efficace et cohérente.
Les efforts de lutte contre la corruption politique ne seront crédibles que si la réglementation financière s’accompagne d’un régime de sanctions. En général, il est vain d’adopter des lois qui ne peuvent pas être appliquées. Il faut donc rédiger les lois en songeant à leur application, et tenir compte des ressources à la disposition de l’organe chargé de surveiller leur observation.
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