Respect de la démocratie
En abordant la question du degré de respect envers le processus démocratique que l'on peut exiger des partis politiques en lice, il faut considérer les deux approches suivantes.
- Certains pays issus d'un régime totalitaire interdisent l'existence même des partis qui étaient sympathiques à ce régime et qui guettent la réapparition possible de partis à idéologie antidémocratique (comme le nazisme en Allemagne ou le fascisme en Italie) par le biais d'un organisme spécial voué à la protection de la Constitution.
- Dans d'autres pays issus d'un régime totalitaire, on admet les anciens partis uniques qui se sont transformés au moins jusqu'au point d'accepter le nouveau système démocratique et de participer aux élections selon ses règles. Dans certains cas, par exemple les anciens partis communistes dans certains des pays qu'ils gouvernaient, les partis d'avant l'instauration de la démocratie en sont même ressortis avec des gains électoraux importants. Certains de ces partis ont même formé des gouvernements majoritaires dans de nouveaux pays démocratiques (la Roumanie et l'Ukraine) et, dans d'autres pays, ils ont formé l'opposition officielle (la Russie et la Pologne) ou jouissent d'une influence importante (le PDS en Allemagne).
- À l'inverse, il existe de nombreux exemples de partis uniques issus de systèmes non démocratiques qui sont disparus ou restés dans l'ombre à la suite d'élections libres, ce qui a démontré leur faible appui populaire; ce fut le cas en Espagne lors de sa transition au système démocratique.
- Signalons finalement les processus de démocratisation dans les pays qui ont vécu des guerres civiles et où le processus de paix a abouti à un nouveau système démocratique à l'intérieur duquel se sont intégrés des groupes qui y sont opposés (le Salvador, la Colombie, le Nicaragua et d'autres pays d'Amérique latine).
Il devient évident que les partis politiques qui optent de participer à des élections démocratiques ont l'obligation d'accepter et d'observer le système constitutionnel et les règles de la démocratie non seulement dans le but d'obtenir le pouvoir, mais aussi dans la façon de gouverner s'ils sont élus. Le degré minimal de loyauté dont ils doivent faire preuve devrait se traduire par le respect de la règle de droit, des droits constitutionnels et des procédures auxquelles doivent se soumettre le pouvoir public et les institutions d'un pays démocratique.
