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Inscription des électeursInscription des électeurs: table des matiéres Les élections ne peuvent généralement être libres et équitables que si l'admissibilité des électeurs peut être vérifiée. Les registres d'inscription sont une composante capitale de tout système électoral. La présente section porte sur l'inscription des électeurs, ainsi que la compilation et la tenue des listes électorales. Pour des renseignements généraux sur ce sujet, voir Aperçu sur l'inscription des électeurs. L'inscription des électeurs est l'une des composantes capitales de l'administration électorale, et l'une de celles qui coûtent le plus cher. La présente section met l'accent sur les questions liées aux coûts, y compris la possibilité d'informatisation. Les renvois aux pages qui portent sur les listes périodiques versus les registres continus ou les registres de l'état civil, l'informatisation, les avantages et les désavantages de l'inscription à l'initiative des électeurs ou de l'État renforcent certains fichiers. Cette section porte également sur les questions d'exhaustivité, d'inclusion administrative et d'exactitude. La présente section porte sur les sujets principaux suivants :
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Aperçu sur l'inscription des électeursL'inscription : un prérequis pour des élections libres et équitables Le droit de tous les citoyens adultes de participer aux affaires de leur gouvernement est une pierre angulaire de la démocratie. La forme de participation la plus fondamentale est peut-être le droit de voter à des élections libres et équitables. L'existence d'un registre électoral (ou liste électorale) complet et exhaustif est à la base de l'exercice du droit démocratique de voter et son maintien rigoureux garantit, dans la mesure du possible, qu'un électeur admissible soit inscrit, mais pas plus d'une fois. La Commission de révision électorale et administrative du Queensland en Australie a défini succintement l'équilibre nécessaire lors de la préparation de registres des électeurs. Les listes d'électeurs sont l'une des composantes capitales de tout système de vote. Elles constituent le relevé officiel des électeurs et fournissent une preuve prima facie du droit de vote de ces électeurs. Les procédures d'inscription doivent donc être rigoureuses pour assurer l'intégrité des listes, et souples pour garantir le respect du droit de chaque citoyen à s'inscrire et à voter.1 Coûts élevés de l'inscription des électeurs L'inscription des électeurs est l'un des éléments essentiels de l'administration électorale, et l'un des plus coûteux. L'inscription des électeurs et l'établissement de la liste électorale représentent souvent plus de 50 % du coût total de l'administration électorale.2 Il existe toutefois des écarts considérables en fonction du système d'inscription des électeurs, de certaines caractéristiques sociales, économiques et démographiques du pays et de la compétence administrative de l'organisme électoral. Principes généraux en matière d'inscription des électeurs Tous les systèmes d'inscription doivent obéir à deux principes de base leur permettant de produire des listes efficacement. Le premier veut que l'on facilite l'inscription au registre des électeurs, ou sur la liste électorale, de tous les électeurs admissibles. Un gouvernement démocratique exige la tenue d'élections libres et équitables et un droit de vote largement répandu. Afin de respecter ce principe, la liste électorale doit comprendre tous les électeurs admissibles afin qu'ils ne soient pas privés de leur droit de vote. Le deuxième principe découle visiblement du premier : le système doit prévenir l'exclusion de citoyens admissibles. Exclusions légales et administratives Les électeurs peuvent être exclus de la liste des électeurs de deux façons : par une exclusion légale ou une exclusion administrative. è l'époque où les démocraties représentatives des 18e et 19e siècles ont amorcé des changements en vue de se moderniser, il existait plusieurs raisons légales pour limiter le droit d'inscription, y compris le droit de propriété, la richesse, le niveau d'alphabétisation, la race, le sexe et la rectitude morale.3 La pratique démocratique a vu ces exclusions pour raisons légales diminuer au fil des années et aujourd'hui, la plupart de ces raisons ne sont plus considérées légitimes. Les exclusions pour raisons légales qui existent encore aujourd'hui sont principalement reliées à l'âge (il faut habituellement être âgé de 18 ans et plus, bien que cet âge soit plus élevé dans certains cas), à la citoyenneté, à des clauses de résidence, à des convictions pour condamnations criminelles et à l'incapacité mentale.4 De telles exclusions sont habituellement décrétées par les législateurs dans le cadre d'une loi constitutionnelle ou électorale plutôt que par des administrateurs. Les exclusions administratives se produisent lorsque des gens qui sont ostensiblement admissibles à voter ne peuvent le faire parce que leur nom a été omis de la liste des électeurs. Il se peut, par exemple, qu'ils soient exclus parce qu'ils l'ont voulu. Un électeur éventuel peut n'avoir aucun intérêt pour la politique ou les élections. Une erreur peut se glisser à la suite d'un changement d'adresse. Une exclusion peut également résulter des contraintes du système d'inscription, comme par exemple un manque de publicité relativement aux délais d'inscription. L'objectif étant de prévenir ou tout au moins de minimiser l'exclusion d'électeurs admissibles, le système d'inscription doit d'abord voir à ce que tous les électeurs soient inscrits. Dans la pratique, il est impossible d'inscrire littéralement tous les électeurs; il est par contre raisonnable d'établir des critères pour mesurer l'exhaustivité du registre (voir Identification des électeurs aux fins d'inscription). Complexité de l'inscription des électeurs L'inscription des électeurs revêt une importance fondamentale dans le processus électoral démocratique. Néanmoins, pour appliquer les principes généraux d'inscription, les administrateurs électoraux doivent se pencher sur une foule de questions et prendre des décisions pour répondre aux particularités du contexte local :
Les réponses à ces questions et d'autres similaires détermineront largement le système le mieux en mesure de permettre l'inclusion du plus grand nombre d'électeurs dans un contexte politique particulier. Autres méthodes d'inscription des électeurs Le simple fait de soulever des questions du genre donne une idée des diverses façons dont la démocratie en général et l'inscription des électeurs en particulier sont appliquées dans diverses économies et cultures où s'est enracinée la démocratie. Les deux questions qui donnent du poids aux principes régissant l'administration d'élections démocratiques sont les suivantes :
Il existe trois options de base pour l'élaboration et le maintien d'une liste électorale :
Les administrateurs électoraux devront déterminer laquelle de ces trois options, ou quelle combinaison des trois, convient le mieux à l'établissement d'un système d'inscription. La présente section porte sur l'inscription des électeurs, comparant et contrastant les options principales pour les divers éléments de l'inscription des électeurs. D'une part, elle étale les nombreux choix de paramètres généraux de l'inscription des électeurs mais dans bien des cas, elle se concentre sur une gamme d'options pratiques qui respectent au mieux les traditions locales et autres conditions particulières. Elle décrit aussi un nombre de cas où des administrations électorales ont connu du succès en prenant les décisions qui répondaient le mieux au contexte local.
Définition des méthodes d'inscription des électeursLa liste électorale Règle générale, les électeurs éventuels doivent être inscrits au registre électoral ou à la liste électorale. Il existe cependant des exceptions. Par exemple, l'Afrique du Sud a tenu son élection de 1994 sans registre électoral. Les électeurs pouvaient déposer leur vote dans n'importe quel bureau de vote. Afin d'éviter que certains individus ne votent plus d'une fois, les préposés au vote estampillaient les mains et les documents d'identification des électeurs avant de leur remettre un bulletin.5 Ce système est difficile à administrer puisqu'il combine plusieurs fonctions électorales. L'utilisation de listes électorales, par contre, permet aux administrateurs de faire le partage entre ces deux fonctions fort importantes, soit la vérification de l'admissibilité des électeurs et le contrôle de la légitimité du processus électoral. Les listes électorales peuvent également être utilisées à des fins d'éducation populaire. Les partis politiques et les candidats comptent sur elles pour leur campagne. Bien qu'une élection puisse se faire sans listes électorales, les avantages d'une liste justifient son usage. La liste électorale fait preuve de l'admissibilité des électeurs et, par conséquent, confère une certaine légitimité au processus électoral. Le système d'inscription des électeurs, plus particulièrement la liste électorale, doit être intègre. Sinon, la légitimité de l'élection sera immédiatement atteinte. L'inscription des électeurs est sans doute la plus importante de toutes les activités de l'administration électorale. Une composante qui coûte cher Si l'inscription des électeurs n'est pas la composante qui coûte le plus cher de toute l'élection, elle figure à tout le moins parmi celles qui coûtent le plus cher. Les administrateurs font face à un défi majeur : celui de s'assurer que tous les électeurs admissibles sont inscrits et ne sont inscrits qu'une seule fois, et que tous les électeurs non admissibles (comme ceux qui sont décédés ou qui n'ont pas maintenu leur qualité de résidence) soient exclus de la liste. Ils doivent de fait prévenir l'inscription de personnes non admissibles. Ce facteur prend de l'importance dans les pays où la question de la citoyenneté est une préoccupation à cause de frontières perméables. Satisfaire à toutes ces exigences dans un pays qui compte des millions d'électeurs admissibles ne représente pas seulement un défi de logistique mais requiert des ressources et du matériel qui coûtent cher. Les trois possibilités pour l'élaboration et le maintien d'un registre électoral sont la liste périodique, le registre continu et le registre de l'état civil. La liste périodique Il s'agit d'une liste que l'organisme électoral établit à nouveau à chaque élection sans chercher à la maintenir ni à la mettre à jour d'une élection à l'autre. En général, la liste périodique ne sert qu'à une seule élection et elle est normalement, quoique pas nécessairement, établie durant la période préélectorale. Ce système est relativement coûteux et fastidieux puisqu'il oblige les administrateurs électoraux à communiquer directement avec tous les électeurs admissibles avant la tenue de l'élection. Il connaît une grande popularité dans les pays d'Afrique et, jusqu'en 1997, il était appliqué au Canada. Cette méthode peut être particulièrement utile dans les pays où l'infrastructure administrative ne permet pas le maintien d'une liste continue, où la mobilité démographique est forte ou encore, où la population s'oppose au maintien d'une liste des citoyens par le gouvernement ou par des organismes quasi gouvernementaux comme les organisations ou les commissions électorales. Le registre continu Le registre continu des électeurs est maintenu et continuellement mis à jour par les administrateurs électoraux. Il nécessite une infrastructure permettant le maintien de la liste, l'ajout de noms et d'autres renseignements pertinents relatifs aux personnes qui satisfont aux critères d'admissibilité (citoyenneté, résidence, atteinte de l'âge requis) et la radiation du nom des personnes qui ne sont plus admissibles (décès, déménagement, etc.). Comme ce registre est périodiquement (ou continuellement) mis à jour, il n'est pas nécessaire de procéder à l'inscription finale juste avant les élections, comme c'est souvent le cas avec la liste périodique. Le registre continu peut être maintenu soit à l'échelle locale, comme au Royaume-Uni, soit à l'échelle nationale, comme en Australie et au Canada. Les administrateurs électoraux sont vivement intéressés à connaître laquelle de ces deux méthodes, la liste périodique ou le registre continu, est la moins coûteuse et la plus efficace. La réponse n'est pas simple. Rares sont les pays qui sont passés d'une méthode à l'autre. Lorsque Élections Canada a délaissé la liste périodique pour adopter le registre continu, cet organisme a laissé entendre que le changement lui ferait épargner environ 30 millions de dollars à chaque élection.6 C'est à l'occasion des prochaines élections fédérales, qui devraient avoir lieu avant le mois de juin 2002, qu'on pourra vérifier l'exactitude de ces estimés. Il est à signaler, toutefois, qu'une bonne partie des économies réalisées grâce à l'adoption par le Canada du registre continu seront dues aux initiatives de partage des données électorales entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Ainsi, ce sont l'utilisation rationnelle des renseignements, l'élimination partielle du chevauchement des activités et des dépenses et le partage de l'information qui permettent de faire des économies considérables, et non seulement le fait de passer d'une méthode à l'autre. Registre de l'état civil La troisième méthode est l'utilisation du registre de l'état civil. Ce registre peut contenir une foule de renseignements sur tous les citoyens, nom, adresse, citoyenneté, âge, numéro d'identification et autres. Dans certains pays, surtout en Europe et en Amérique latine, le registre électoral est établi à partir des renseignements recueillis par le biais du registre de l'état civil. La principale question qui se pose dans ces pays est de savoir si le ministère responsable du registre (en général, le ministère de l'Intérieur) doit également être responsable du registre électoral. En Colombie, par exemple, le même ministère est responsable des deux registres alors que dans la plupart des autres pays, ce sont deux organismes distincts qui en ont la responsabilité. Il est relativement facile et peu coûteux d'établir un registre électoral à partir d'un registre de l'état civil déjà établi pour la bonne raison que les coûts sont déjà assumés par le registre de l'état civil. En outre, le coût de maintien du registre de l'état civil est peut-être élevé, mais si les renseignements servent à plusieurs fins (comme en Suède), il est possible de réduire le coût global lié à la gestion des données par le gouvernement. Le principal défaut de ce système est également sa principale qualité. Comme plusieurs ministères partagent la même base de données à des fins diverses, le coût élevé de son maintien se justifie par ses multiples fonctions. Dans certaines situations, par contre, on peut déplorer la perte réelle ou potentielle du secret qu'entraîne, pour le citoyen, le partage étendu de bases de données électroniques. Lorsque ces préoccupations sont aiguës, il devient tout simplement inacceptable de se servir du registre de l'état civil, malgré son utilité au plan administratif. L'inscription des électeurs dans son contexteUtilisation de la liste des électeurs Un registre des électeurs, ou liste électorale, a comme objectif principal la confirmation de l'admissibilité des électeurs à participer aux élections nationales et locales. Dans un système politique démocratique, les listes peuvent cependant être pertinentes et utilisables pour d'autres types d'élection, comme par exemple une élection partielle. Une élection partielle est souvent une élection spéciale pour combler des sièges à l'assemblée législative, devenus vacants à la suite d'un vote de blâme, d'un décès ou d'une démission. Dans un cas semblable, la liste des électeurs est tout simplement un extrait du registre national pour un territoire donné et est sujette aux mêmes critères d'universalité et d'inclusivité. De même, la liste des électeurs peut être utilisée pour des référendums et des plébiscites et contenir tous les électeurs admissibles qui correspondent au territoire local ou national où se tient le référendum ou le plébiscite. Les listes électorales sont aussi utilisées lors de demandes de révocation législative et sont distribuées, souvent sans frais, aux partis et aux candidats pour les aider dans leur campagne. Elles peuvent de plus être utilisées pour établir une liste des membres d'un jury, ou pour retracer ceux qui ne respectent pas leurs obligations de soutien de famille et ceux qui ne remboursent pas leurs prêts étudiants. Une liste des électeurs peut donc servir à bien d'autres fins que des fins électorales proprement dites. Élections syndicales, pétitions, initiatives et révocations La Commission électorale de l'Australie, par exemple, est responsable du déroulement des élections au sein des syndicats et des associations d'employés. En 1992 et 1993, il s'est tenu plus de 700 élections de cette sorte en Australie. Aux États-Unis, la liste des électeurs est utilisée lors de pétitions de qualification pour les candidats. Dans plusieurs démocraties, les candidats doivent être nommés par un certain nombre d'électeurs inscrits sur la liste de la circonscription. De plus, les listes électorales peuvent être utilisées pour vérifier les signatures sur une pétition dans les pays où les citoyens peuvent demander l'adoption d'une loi. Les listes électorales peuvent aussi être utilisées pour valider la légitimité des bulletins de vote en cas de demande de révocation législative. Dans des systèmes politiques fédéraux, on peut justifier le partage des listes électorales parmi différents paliers de gouvernement même si les élections ne sont pas tenues en même temps. La répétition inutile des efforts requis pour l'établissement de registres d'électeurs pour les élections fédérales, d'États, provinciales ou locales va à l'encontre de l'efficacité. Élections au sein des partis L'élection lors d'un congrès à la chefferie d'un parti politique et l'élection d'un candidat lors d'une réunion de mise en candidature exigent également une forme d'inscription des électeurs. Dans bien des cas, le parti est responsable de l'établissement d'une liste à partir de la liste des membres du parti et, dans certains cas, des membres de syndicats affiliés. Le Parti travailliste britannique maintient de telles listes. Par ailleurs, l'inscription des électeurs peut contenir des renseignements sur leur affiliation partisane en vue de permettre aux électeurs de participer aux élections primaires au sein des partis. Cette pratique est courante aux États-Unis d'Amérique. Vérification de l'admissibilité et de l'identité à l'inscription des électeursCritères d'admissibilité pour l'inscription et le vote Les critères d'admissibilité pour l'inscription doivent être les mêmes. On retrouve normalement ces critères dans la Constitution du pays ou dans une charte des droits. La plupart des pays qui aspirent à la démocratie tentent d'accorder le suffrage à tous leurs citoyens qui ont atteint l'âge de la majorité, d'habitude 18 ans. Il peut exister des exigences de résidence pour l'inscription et le vote, surtout si le pays est découpé en circonscriptions. De plus, les citoyens qui ont perdu certains droits à la suite d'une condamnation criminelle ou qui ont été déclarés inaptes peuvent être exclus du droit de vote. Abolition des obstacles à l'inscription et au vote Au fil des temps, bien des obstacles légaux qui limitaient la participation au processus de prise de décision démocratique ont été abolis : propriété, richesse, niveau d'alphabétisation, race, sexe, aptitudes mentales (voir Aperçu sur l'inscription des électeurs). Les critères d'admissibilité continuent à évoluer en ce sens. En Scandinavie, par exemple, le suffrage est accordé pour certaines élections locales aux citoyens étrangers, pourvu qu'ils satisfassent à certains critères de résidence. Plusieurs pays accordent également le droit de vote à leurs citoyens vivant à l'étranger.7 Les citoyens de la Bosnie-Herzégovine réfugiés dans 10 pays, dont l'Allemagne, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, la Suisse, l'Autriche, les États-Unis et la Turquie, ont pu voter à l'élection de 1996.8 L'Afrique du Sud a établi un précédent unique en permettant à ses citoyens vivant dans 79 pays étrangers de voter lors de l'élection nationale de 1994.9 Citoyenneté et admissibilité L'admissibilité soulève souvent une question particulièrement difficile dans les États nouvellement formés ou dont les frontières ont récemment changé. Il s'agit de savoir à quel moment un résidant acquiert le statut de citoyen et les pleins droits démocratiques qui s'y rattachent. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une question d'administration électorale, mais d'une question politique étroitement liée aux principes fondamentaux de gouvernement, aux liens entre les concepts de nation et d'État, à la nature de la citoyenneté dans l'État. De telles questions ont toutefois des répercussions directes en privant des groupes importants de résidants du pays du droit de voter et de s'inscrire. Aujourd'hui que partout au monde, la plupart des élections sont suivies de près -- que ce soit par des observateurs électoraux du pays ou observateurs internationaux, ou encore des représentants des partis politiques aux bureaux de vote --, les obstacles à l'inscription peuvent facilement mener à des accusations de contravention aux principes d'une élection libre et équitable. Identification des personnes qui ont qualité d'électeur Les administrateurs électoraux peuvent s'assurer que les électeurs éventuels satisfont aux critères de citoyenneté et peuvent s'identifier de façons différentes selon le mode d'inscription. Lorsqu'une liste périodique est utilisée, l'inscription se fait souvent par un recensement porte-à-porte ou par l'établissement de centres d'inscription, ou encore par une combinaison des deux. Une procédure plus complexe peut s'avérer nécessaire si les électeurs éventuels se présentent devant des gestionnaires électoraux. Dans les pays où les résidants possèdent normalement une carte d'identité personnelle, comme un certificat de naissance, un passeport, une carte d'identité civile ou un permis de conduire, il suffit de la présenter. Dans les autres cas, plus particulièrement dans les pays en voie de développement, on peut exiger la prestation de serment ou la confirmation de l'identité par un autre résidant de la communauté. La preuve d'identification requise dans les pays qui utilisent le registre continu varie selon que les électeurs s'inscrivent pour la première fois ou apportent un changement aux renseignements déjà contenus dans le registre. Le processus d'inscription au registre de nouveaux électeurs est semblable à celui utilisé pour la liste périodique. Les personnes qui viennent d'atteindre l'âge requis peuvent prouver leur identité et leur qualité d'électeur en présentant leur certificat de naissance ainsi qu'une pièce d'identité avec photo. Les citoyens qui viennent d'acquérir la citoyenneté et qui satisfont aux autres critères d'admissibilité peuvent présenter leur carte de citoyenneté. Les individus qui apportent un changement aux renseignements contenus dans le registre, comme par exemple un changement de nom ou de résidence, peuvent avoir à fournir un certificat de mariage ou une preuve d'identité indiquant leur adresse. Lorsqu'il s'agit d'un registre de l'état civil, les électeurs éventuels sont identifiés normalement à partir des renseignements recueillis par le biais de ce registre et en fonction de leur numéro personnel d'identification. Ces renseignements peuvent être transférés d'un registre à l'autre sur une base continue. Tous les changements apportés au registre de l'état civil se retrouvent alors dans le registre électoral. Le vote en dehors des bureaux de vote ordinaires Plusieurs systèmes exigent que l'électeur soit inscrit à un bureau de vote en particulier et ne lui accordent le droit de vote qu'à ce bureau. Il faut cependant prévoir des exceptions pour les électeurs qui sont absents de leur résidence ordinaire le jour ordinaire du vote. Une façon de contourner ce problème est de leur permettre de voter par anticipation. Une autre façon est de fournir des certificats de transfert d'inscription à ceux qui sont absents pour des raisons jugées valables et légitimes. Ces raisons peuvent être définies très étroitement et ne couvrir que les gestionnaires électoraux et le personnel militaire absent pour des raisons officielles, ou plus largement et couvrir tous ceux qui trouvent innoportun de voter le jour ordinaire du vote.10 Abstentions Bien que les autorités électorales doivent veiller à ce que tous les électeurs admissibles à voter s'inscrivent, une question plutôt paradoxale se pose lorsque le vote est obligatoire. Certains électeurs admissibles peuvent en fait choisir de s'abstenir de voter. Au Brésil, le vote est obligatoire pour tous ceux qui ont de 18 à 70 ans. Seuls les analphabètes, les électeurs âgés entre 16 et 18 ans et ceux de plus de 70 ans peuvent choisir de voter ou non. Un électeur inscrit qui désire s'abstenir de voter doit remplir un formulaire de demande d'exemption et le soumettre à un juge électoral dans son district de vote.11 Identification des électeurs en Moldavie Le système de la Moldavie prévoit des procédures d'inscription particulièrement libérales. Les listes électorales sont dressées à partir du registre de l'état civil avec renvoi aux « passeports domestiques » que tous les citoyens doivent porter comme preuve d'identité. Les électeurs qui ont déménagé depuis peu de temps et qui n'ont pas encore rempli leur formulaire de changement d'inscription peuvent être ajoutés à une liste supplémentaire ou demander que leur passeport soit estampillé lorsqu'ils se présentent au bureau de vote. Bien que ces procédures puissent inviter à la fraude, les votes multiples ont pratiquement été éliminés en Moldavie à cause de l'application de fortes sanctions.12 Identification des électeurs aux fins d'inscriptionProcessus juste et transparent L'identification des électeurs consiste à vérifier l'identité des électeurs éventuels et à inscrire leur nom et autres renseignements qui en font foi sur la liste électorale. Afin d'assurer une inscription des électeurs exacte et inclusive, on doit prendre des mesures efficaces qui permettent aux électeurs éventuels d'être au courant des procédures d'inscription afin qu'ils puissent s'en prévaloir. Pour toutes ces raisons, un programme d'éducation de l'électorat peut jouer un rôle primordial dans le processus électoral. Des programmes d'éducation populaire peuvent souligner l'importance de l'inscription, aviser la population de ses responsabilités face à l'inscription et la renseigner sur les méthodes d'inscription. À qui appartient la responsabilité : au citoyen ou à l'État? Le processus d'inscription, ainsi que les responsabilités respectives des administrateurs électoraux et des citoyens, varient considérablement selon le système. Dans certains cas, l'inscription est tout simplement la responsabilité des citoyens. Aux États-Unis, par exemple, les électeurs doivent d'abord communiquer eux-mêmes avec les administrateurs électoraux. Dans d'autres cas, les gestionnaires électoraux sont responsables de maintenir des listes électorales continues ou de l'établissement de nouvelles listes. Il s'agit alors d'effectuer périodiquement un recensement porte-à-porte ou d'établir des centres d'inscription locaux. En pratique, la responsabilité de communiquer une première fois avec l'électeur est souvent partagée entre les citoyens et l'État. Le Mexique utilise une liste électorale continue et l'administration électorale déploie des efforts considérables pour rendre l'inscription accessible en établissant des milliers de centres d'inscription, y compris des unités itinérantes. Il appartient cependant à l'électeur de visiter ces centres et de faire une demande formelle d'inscription. L'expérience des États-Unis et d'autres pays où l'électeur doit faire la demande d'inscription a démontré que la participation s'accroît en fonction de la facilité à s'inscrire. En fin de compte, il s'agit d'accessibilité. Dans quelle mesure l'État est-il tenu de rendre l'inscription facile et sans embûches? La réponse est que l'État doit assumer une grande part de responsabilité pour s'assurer que l'inscription ne devient pas un obstacle administratif à la participation des citoyens à des élections démocratiques. Les coûts associés à de tels efforts en limitent souvent la portée. Coûts et exhaustivité : un compromis? Ceux qui ont à prendre les décisions doivent évaluer l'exhaustivité notamment par rapport à l'ensemble des coûts. Les listes électorales ont tendance à coûter moins cher si la responsabilité de s'inscrire repose sur l'électeur. En de telles circonstances, les administrateurs électoraux ont la responsabilité de s'assurer que les électeurs connaissent bien les règles d'inscription et les procédures à suivre pour s'inscrire. D'un autre côté, les administrateurs électoraux peuvent choisir d'abdiquer toute responsabilité dans l'identification des électeurs éventuels qui ne font pas les premiers pas pour s'inscrire. Les listes électorales sont alors moins complètes que celles dressées à l'initiative de l'État. De plus, il existe des catégories de citoyens qui sont moins aptes à s'inscrire et à voter, comme par exemple les jeunes, les personnes âgées et les personnes malades, les moins riches, les analphabètes et ceux qui demeurent dans des régions rurales où le transport pose un problème. En vue de l'évaluation d'un système d'inscription, des critères de rendement clairs doivent être établis pour mesurer l'efficacité des coûts et la fonctionnalité. S'il s'agit de listes électorales périodiques, ces critères comprendront l'exactitude et l'exhaustivité. L'exhaustivité signifie la proportion des électeurs admissibles qui sont réellement inscrits sur les listes. L'exactitude signifie que les renseignements sur chaque individu ont été inscrits sur la liste électorale correctement. Il faut donc se demander si le nom, l'adresse, le sexe, l'âge, la citoyenneté et tout autre renseignement ont été inscrits correctement. Lorsqu'il s'agit de listes continues ou d'un registre de l'état civil, l'exactitude est souvent en fonction de la mise à jour continue ou périodique des données. La question principale qui se pose ici est à savoir si, le jour de l'élection, les renseignements relatifs à un électeur sont conformes à la situation actuelle de l'électeur. La liste comprend-elle les changements récents apportés à la résidence, au nom ou à l'âge de l'électeur? Des critères de rendement spécifiques pour toutes les phases de l'inscription des électeurs sont utiles afin d'assurer le suffrage universel. Harry Neufeld, un conseiller en matière d'administration électorale, a fixé les objectifs d'exhaustivité à 90 %, d'actualité à 85 % et d'exactitude à 97 %.13 En d'autres mots, neuf citoyens admissibles sur 10 seraient inscrits sur la liste; dans huit cas et demi sur 10, les renseignements seraient à jour; et des erreurs à la saisie de données pourraient se produire dans trois inscriptions sur 100. Lorsque ces objectifs ou critères de rendement sont connus, les coûts supplémentaires pour les atteindre peuvent être calculés. Toutefois, les coûts marginaux associés à l'inscription d'électeurs supplémentaires augmentent au fur et à mesure que la proportion des électeurs inscrits augmente et que les autres objectifs de rendement entrent en jeu. Les premiers électeurs inscrits coûtent peu cher. Ce sont par exemple des électeurs qui étaient à la maison lorsque les recenseurs sont passés ou qui ont répondu rapidement à une demande de mise à jour de renseignements par la poste. S'il n'y avait aucun changement à apporter aux renseignements, la liste demeurait à jour et exacte. L'administration électorale doit encourir des coûts additionnels pour recueillir ou mettre à jour les renseignements sur les autres électeurs. Plus on veut une liste exhaustive, exacte et à jour, plus les coûts sont élevés. Des exemples bien concrets peuvent aider à illustrer ce principe. Si le premier objectif est d'atteindre 90 % d'exhaustivité, il faudra alors envisager le maintien d'une liste continue qui comprend les électeurs vivant à l'étranger. Dans certains pays, les coûts associés au maintien d'une telle liste peuvent cependant devenir prohibitifs. Une solution pourrait être l'élaboration d'un système de listes distinctes pour les électeurs vivant à l'étranger. L'Australie utilise ce système. Les électeurs demeurant à l'étranger ne sont pas inscrits au registre; ils doivent plutôt s'inscrire eux-mêmes à chaque scrutin. De même, lorsque le critère de rendement est fixé en fonction de l'actualité des données par rapport au pourcentage des électeurs demeurant aux adresses contenues au registre, on constate souvent que le taux de mobilité de la population n'est pas le même dans toutes les régions du pays. Les gens ont tendance à déménager plus souvent dans les milieux urbains à haute densité; les étudiants peuvent également représenter un taux de mobilité élevé ou fluctuant. Atteindre un objectif de 85 % d'exactitude dans de telles circonstances requiert une mise à jour plus fréquente dans ces régions alors que dans les autres, la liste maintient ce niveau de rendement plus longtemps. Il pourrait donc s'avérer utile de tenir compte du taux de mobilité moyen à l'échelle nationale (ou régionale). Preuve d'identité de l'électeur aux fins d'inscriptionPreuve d'identité requise pour obtenir un bulletin Les problèmes inhérents à l'identification des électeurs admissibles au bureau de vote sont différents dans chaque pays. Le processus électoral doit être structuré de façon à assurer que seuls les individus inscrits en bonne et due forme puissent voter et que chacun qui se présente au bureau de vote pour voter est en fait la personne qu'il dit être. Lorsque les électeurs éventuels se présentent au bureau de vote le jour du vote, ils doivent habituellement s'identifier auprès des préposés au vote avant de recevoir un bulletin. Ce préposé peut alors vérifier le nom de l'électeur sur la liste électorale et s'assurer qu'il y est. Chaque nom est alors coché ou rayé, ou encore l'électeur doit signer le registre. Dans certains cas, lorsque la possibilité de voter à deux endroits différents existe, il se peut que l'électeur ait à tremper un de ses doigts dans de l'encre indélébile pour attester qu'il a déjà reçu un bulletin. Où le port d'une pièce d'identité est de rigueur La manière par laquelle les électeurs prouvent leur identité varie considérablement d'un pays ou d'une administration à l'autre. Dans les pays où il est de rigueur que les citoyens portent une pièce d'identité, comme par exemple une carte d'identité nationale, un permis de conduire, une carte d'identité d'emploi ou toute autre pièce d'identité, l'administration électorale n'a pas à émettre une autre pièce d'identité. C'est le cas dans bien des États des États-Unis. Il faut noter cependant que même si c'est la norme aux États-Unis, bien peu de centres d'inscription demandent une preuve d'identité. Les électeurs signent tout simplement le registre ou la liste. Depuis l'introduction des dossiers informatisés, il n'existe souvent même plus de signature originale pour fins de comparaison. L'étude comparative sur des administrations électorales effectuée par Choa fait rapport sur les procédures d'inscription des électeurs dans 11 pays relativement à la souplesse avec laquelle les bulletins sont émis;14 ces pays comprennent l'Australie, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Corée, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis. Tous ces pays utilisent une forme de livraison par la poste et offrent parfois à l'électeur le choix de venir chercher son bulletin en personne. De plus, à l'exception de la Corée, tous offrent la possibilité de voter même si la carte d'électeur est perdue ou n'est pas disponible au bureau de vote. La plupart acceptent soit une carte d'identité ou se fient tout simplement à la liste électorale. L'envoi postal de la carte de l'électeur sert à deux fins : elle contient les renseignements sur l'électeur tels qu'ils apparaissent sur la liste électorale et des renseignements sur l'élection. Les citoyens dont le nom apparaît sur la liste reçoivent une telle carte, qui contient effectivement les renseignements de la liste électorale les concernant ainsi que la date de l'élection et l'endroit où est situé le bureau de vote où ils doivent aller voter. Les électeurs de ces pays s'identifient eux-mêmes au bureau de vote en présentant la carte reçue par la poste, déclinent leurs nom et adresse, ou encore montrent une pièce d'identité, comme par exemple un permis de conduire. Où le port d'une pièce d'identité n'est pas de rigueur D'autres administrations exigent des preuves d'identité beaucoup plus complexes, voire même encombrantes pour les gestionnaires électoraux. Cette situation est particulièrement vraie lorsqu'il n'y a pas de registre de l'état civil et où les citoyens ne portent pas ordinairement une pièce d'identité personnelle. Les administrations électorales doivent donc assumer le fardeau financier et administratif de l'émission de preuves d'identité à tous les électeurs éventuels. Dans certains cas, les électeurs doivent eux-mêmes assumer les coûts de production de cartes d'électeurs ou d'une autre pièce d'identité. Considérations liées à la sécurité Bien que la carte d'identité de l'électeur contribue largement à l'efficacité de l'administration électorale, elle n'en soulève pas moins une question de sécurité. Les risques de falsification sont une préoccupation majeure. En 1990, le Mexique a adopté une carte d'identité de l'électeur à l'abri de toute fraude. Afin d'éliminer les risques de falsification de cartes, la carte d'électeur mexicaine possède neuf caractéristiques de sécurité, la rendant ainsi quasi impossible à reproduire ou à modifier. Ces caractéristiques comprennnent un code à barre, un hologramme, une photographie et une fusion moléculaire.15 La sécurité du stockage et de la distribution est une autre préoccupation. En Haïti, aux élections de juin 1995, la commission électorale a annoncé que dans un pays où ont été produites 4,2 millions de cartes d'électeurs, un million d'entre elles manquaient. Ce nombre largement publié n'a toutefois jamais été confirmé.16 Un troisième problème potentiel relié à l'utilisation de cartes d'inscription de l'électeur est la nécessité d'établir un système d'émission de ces cartes à toute la population. Le Savador a connu des problèmes en 1994 et le Nicaragua en a également connu dans son processus de cedulacion au cours des années 1990. Le processus d'inscrire les électeurs et d'émettre des cartes d'identité de l'électeur est d'autant plus complexe dans les régions qui connaissent des conflits armés, comme ce fut l'expérience au Nicaragua, en Angola et en Bosnie-Herzégovine. Il ne faut pas sous-estimer l'impact que peut avoir l'imposition aux électeurs des coûts de production des cartes. La description de la situation au Sénégal avant l'élection de 1993 (voir plus bas) illustre bien comment des coûts relativement mineurs se sont avérés prohibitifs pour plusieurs voteurs éventuels et, par le fait même, des électeurs ont été exclus du processus électoral. Cas du Ghana Les problèmes reliés à l'utilisation de la carte de l'électeur ne sont pas insurmontables. La solution n'a pas à être coûteuse comme celle adoptée par le Mexique. Le Ghana a résolu le problème de fraude en combinant la carte de l'électeur avec le formulaire de demande d'inscription. La carte est détachée du formulaire d'inscription et le même numéro d'inscription est pré-imprimé sur le formulaire et sur la carte. Il est pratiquement impossible de falsifier ou de voler des cartes en blanc puisque le nom et le numéro d'identification de tout électeur apparaissent sur la carte et la liste des électeurs. Il ne suffit pas de présenter une carte d'électeur au bureau de vote. La plupart des cartes qui sont émises au moment de l'inscription sont plastifiées à froid. L'adhésif utilisé dans dans ce processus est tel que la carte serait endommagée si l'on tentait d'enlever la plastification. Il existe un contrôle étroit des formulaires qui sont envoyés à chaque bureau de vote. Au Ghana, les empreintes digitales apparaissent sur le formulaire d'inscription et sur la carte de l'électeur comme mesure de sécurité additionnelle.17 Cas du Sénégal Bien que dans plusieurs parties du monde les cartes d'identité de l'électeur sont une importante partie du processus d'inscription, il est encore plus important de prévoir des mécanismes qui feront en sorte que les électeurs ne seront pas administrativement privés de leur droit de vote à cause des coûts prohibitifs associés à l'obtention d'une telle carte. La description ci-jointe du cas du Sénégal (lors de ses préparatifs pour les élections de 1993) est un bon exemple (senegal - analysis of electoral code). Dans ce cas, bien que le gouvernement n'ait demandé aucune somme pour la carte d'identité nationale, le coût réel pour bien des voteurs, soit les coûts d'une photographie obligatoire, de l'estampille officielle, du manque à gagner, était prohibitif. Les résultats étaient prévisibles : bien des électeurs, bien qu'admissibles, ont perdu leur droit de vote. Malawi : documentation à l'intention des femmes qui ont des enfants Au Malawi, bien que l'âge légal pour voter soit de 21 ans, les femmes qui n'ont pas atteint cet âge mais qui ont des enfants sont souvent admises à voter sur production de leur « carte de mère ». Il s'agit d'une carte d'identité émise par les agences de bien-être pour les mères, qui leur permet d'obtenir de la nourriture et des services de santé. Les femmes au Malawi qui ont porté des enfants sont considérées adultes quel que soit leur âge biologique.18 Principes directeurs reliés à l'inscriptionInscription volontaire ou obligatoire La citoyenneté suppose-t-elle l'obligation et la responsabilité de voter ou le droit de voter est-il un privilège qui découle de la citoyenneté et que l'électeur peut exercer à sa discrétion? La réponse à cette question influence sérieusement le choix des procédures administratives qu'il faut élaborer en vue de faciliter l'inscription. Si l'on croit que le vote est un devoir et une responsabilité, il s'ensuit que l'inscription doit être obligatoire. L'inscription obligatoire place le fardeau sur l'État d'informer les électeurs de l'obligation de s'inscrire ou de communiquer les corrections nécessaires aux renseignements personnels contenus dans la liste continue (p. ex. changement de nom ou d'adresse). D'autre part, si le vote est considéré comme un droit démocratique, mais non une obligation, l'inscription doit être volontaire et laissée à la discrétion de l'électeur. Dans de tels cas, il faut souvent moins de ressources pour inciter les électeurs à s'inscrire. Taux de participation comparatifs : vote obligatoire et non obligatoire Les pays où l'inscription est volontaire, comme aux États-Unis, connaissent un taux de participation inférieur aux pays où l'inscription est obligatoire, comme au Danemark. On retrouve le même phénomène lorsque le vote est obligatoire.19 Cela dit, il faut cependant souligner que la participation au vote n'est pas simplement le résultat d'une législation qui prévoit le vote obligatoire. Une étude récente à Malte, où le vote n'est pas obligatoire, a démontré que le taux de participation des électeurs dans ce pays a été supérieur dans les années 1990 à celui de l'Australie où le vote est pourtant obligatoire (96,7 % et 82,7 % respectivement).20 De même, une comparaison de la participation des électeurs dans les pays de l'Amérique centrale entre les années 1989 et 1991 a démontré que le Nicaragua, où le vote n'est pas obligatoire, a connu le taux de participation le plus élevé, soit 86 %, alors que le Salvador, où le vote est obligatoire, a connu le taux de participation le moins élevé, soit 52 %.21 Responsabilité implicite de l'État Même dans les pays où les citoyens sont obligés de s'inscrire, la responsabilité de maintenir un système d'inscription exhaustif, pratique, équitable et non discriminatoire repose sur l'État. Si l'administration électorale ne satisfait pas à ces conditions, elle s'engage dans un processus qui supprimera le droit de vote à certains électeurs pour des raisons administratives. Ceci correspond à dire que bien qu'elle respecte la lettre de la loi qui veut qu'elle fournisse aux électeurs la chance de s'inscrire, l'administration électorale ne respecte pas l'esprit de la loi, et par conséquent supprime le droit de vote de certains citoyens. Plusieurs systèmes d'inscription, bien qu'ils s'affichent comme étant ouverts et inclusifs, contiennent des éléments d'exclusion administrative. Lorsque des éléments ont une influence disproportionnée sur certains groupes d'électeurs, les résultats connaissent des distorsions inacceptables. L'inscription par l'électeur ou par l'État Une autre question qui persiste relativement à l'inscription des électeurs est à savoir si elle se fait à la demande de l'électeur ou à l'initiative de l'État. Dans le premier cas, les électeurs ne sont inscrits que s'ils en font la demande. L'État leur fournit donc l'occasion de s'inscrire et ne réagit qu'à la demande de l'électeur. Le Sénégal produit des formulaires d'inscription et un registre national; les Sénégalais ne peuvent voter que s'ils ont rempli le formulaire (senegal - analysis of electoral code).22 Lors des élections législatives de 1997 au Cameroun, élection entachée par la controverse à propos du processus d'inscription, des ajustements n'ont été apportés au registre continu que sur l'insistance des électeurs. Les comités divisionnaires de surveillance bien mal administrés ont tout de même exclu des milliers d'électeurs.23 Pendant bien des années, le Bangladesh a compté sur les services de bénévoles pour effectuer le recensement porte-à-porte. Les listes ainsi produites, n'étant ni exhaustives ni inclusives, n'ont pas reçu la légitimité électorale espérée. Au lieu, elles ont contribué à un manque de confiance dans le processus électoral.24 Au Royaume-Uni, l'administration fait le contact initial avec les électeurs en leur envoyant par la poste une carte qui leur indique les renseignements que contient le registre sur eux.25 Le registre électoral de la Suède est maintenu par le bureau local de l'impôt, sous la juridiction de la Commission nationale de l'impôt. Ce bureau maintient le registre de l'état civil national à partir duquel sont établies les listes électorales, sur demande expresse de l'État. Chaque année, les citoyens peuvent présenter une demande de changement à leur inscription.26 Aux États-Unis, bien que l'obligation de s'inscrire repose sur chaque individu, chacun des États adopte les mesures nécessaires afin que les électeurs puissent s'inscrire. Ces mesures comprennent la disponibilité de formulaires d'inscription par la poste à de nombreux endroits, l'inscription par le biais des bureaux de véhicules à moteur et des agences gouvernementales avec lesquelles les citoyens ont à faire. La plupart des départements de véhicules à moteur et des agences de bien-être sont autorisés par les États à appliquer les lois fédérales. Inscription : considérations d'ordre administratif, y compris l'informatisationIl existe diverses méthodes pour accomplir des projets d'inscription des électeurs. Plusieurs questions et préoccupations se présentent quelle que soit la méthode utilisée :
Lorsqu'il s'agit de maintenir une liste continue ou un registre de l'état civil, on doit trouver des solutions à un certain nombre de ces préoccupations. Gestion de la complexité de l'inscription des électeurs En raison de la portée et la complexité de l'inscription des électeurs et de l'administration électorale, il est important de s'assurer que les cadres administratifs appropriés soient en place. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne le processus d'inscription car il peut contribuer largement à faire accepter la légitimité des résultats de l'élection. L'informatisation et l'inscription Une grande partie du travail d'administration d'une élection consiste à recueillir, stocker, valider et mettre à jour des données sur l'identité des électeurs. Les gestionnaires électoraux commencent à compter sur l'informatisation pour gérer plusieurs processus. La justification est évidente et souvent irréfutable. L'informatisation offre aux gestionnaires électoraux la capacité de stocker en toute sécurité les données de différentes façons et, en particulier de modifier certains paramètres comme par exemple les limites des circonscriptions électorales en se référant aux fichiers informatiques sur la population électorale. L'informatisation, une nouvelle orientation Le contexte social, économique et politique peut rendre l'utilisation de l'informatique difficile, voire même impossible. Ce n'est pas pour cela qu'on ne peut pas mener des initiatives d'inscription qui produisent de bons résultats en fonction de critères d'exhaustivité et d'exactitude. Bien qu'aujourd'hui l'informatisation du processus d'inscription soit devenue la norme dans les démocraties qui connaissent un haut niveau de développement économique, cette tendance est récente et s'est développée au cours de la dernière génération, plus particulièrement dans la dernière décennie. Avant les années 1980 et 1990, les ordinateurs en tant qu'outils pouvant servir à l'inscription étaient beaucoup moins efficaces et abordables. Dans la mesure où ils sont disponibles et qu'il est pratique de les utiliser, les administrateurs électoraux en sont venus à la conclusion que les ordinateurs peuvent rendre le processus d'inscription plus efficace et moins coûteux. De fait, les administrateurs électoraux d'aujourd'hui subissent des pressions grandissantes pour moderniser leur processus d'inscription, ce qui les incite à adopter des systèmes informatisés. Cette tendance est souvent le résultat d'attentes grandissantes face à la vitesse avec laquelle l'inscription doit se faire et la nécessité de produire des listes électorales de différentes façons (p. ex. par unités géographiques comme les sections de vote). Les coûts élevés de l'informatisation Il importe cependant d'apprécier à leur juste valeur les coûts de développement et de maintien de fichiers d'inscription informatisés. Ces coûts sont reliés non seulement au développement des programmes et à l'installation de l'équipement et des logiciels, mais aussi à la nécessité constante de les entretenir et d'acquérir de nouvelles versions des systèmes, sans compter la nécessité d'un personnel hautement qualifié. L'informatisation des fichiers d'inscription doit être évaluée sur la base des coûts et de l'efficacité ainsi que d'une appréciation réelle de la capacité de soutenir le système à long terme. Préoccupations contradictoires au sujet de l'informatisation Les administrateurs électoraux engagés dans le développement de registres des électeurs informatisés auront à se questionner sur les capacités réelles et sur l'utilisation de systèmes informatiques. Lorsque l'informatisation du registre a été discutée en Côte d'Ivoire, pays de l'Afrique de l'ouest, de nombreuses préoccupations ont été soulevées car l'informatisation telle que prévue aurait pu révéler les affinités politiques ou le groupe ethnique auquel appartenaient les électeurs.27 Au Brésil, on se demandait si l'informatisation permettrait à l'administration électorale ou au gouvernement de manipuler facilement les résultats de l'élection.28 D'autre part, un nombre d'Ivoiriens croyaient que les ordinateurs pouvaient corriger des erreurs d'entrée ou pouvaient corriger des falsifications ou des fichiers mal complétés.29 L'expérience des administrateurs électoraux au Brésil a montré qu'un projet-pilote bien publicisé peut faire cesser les malentendus.30 Partialité politique et pratiques frauduleuses Un des empêchements majeurs au développement d'un système complet d'inscription des électeurs en Tunisie a été l'influence de la politique sur l'inscription. Il est de notoriété publique que les administrateurs électoraux excluent du registre les noms de ceux qui sont adverses à l'administration en place. Une équipe IFES chargée d'une évaluation préélectorale a recommandé en 1994 l'adoption d'une liste électorale continue et une plus grande centralisation du processus d'inscription.31 Inscription : considérations financières y compris l'informatisationCoûts globaux de l'inscription des électeurs Les administrateurs électoraux s'accordent pour dire que l'inscription des électeurs est souvent la composante d'une élection qui coûte le plus cher. Les partis et les candidats dépensent certes de vastes sommes pour leurs campagnes électorales, mais leurs fonds proviennent presque toujours de donateurs privés. Dans certains pays, comme dans les démocraties scandinaves, les partis reçoivent des fonds publics au moins en guise d'appui financier à leur campagne. Malgré tout, l'inscription des électeurs représente la dépense la plus coûteuse à laquelle ont à faire face les administrateurs électoraux. L'inscription : une tâche complexe Comme l'indique la section sur les considérations administratives de l'élection (voir Inscription : considérations d'ordre administratif, y compris l'informatisation), le vaste éventail de responsabilités incluses dans le processus d'inscription contribuent aux coûts élevés associés à l'inscription. L'ampleur même de la tâche de recueillir des renseignements actuels sur chacun des électeurs admissibles dans des pays dont la population varie entre des dizaines de milliers à des centaines de millions peut être intimidante. C'est d'autant plus vrai que l'élaboration de procédures exhaustives et inclusives et une inscription efficace des électeurs contribuent largement à légitimiser le processus électoral. Le processus d'inscription est par lui-même compliqué et difficile à gérer. Toute procédure inutile et redondante résulte en un manque d'efficacité qui taxera les ressources. En 1994, l'administration électorale au Népal a maintenu des listes d'électeurs distinctes pour les paliers national et locaux et exigé que les électeurs s'inscrivent aux deux paliers.32 La solution pour ménager les ressources devient évidente : simplifier le système en ne faisant qu'une seule liste et dériver les autres listes à partir de la liste-maîtresse. Options et coûts reliés à l'inscription des électeurs Le problème des coûts de l'inscription des électeurs se pose à toutes les étapes de l'établissement d'une liste exhaustive et inclusive. Par exemple, le nombre de centres d'inscription requis et le nombre d'employés qu'il faut former pour travailler dans ces centres grèveront-ils lourdement le budget consacré au personnel? La carte d'électeur est-elle nécessaire ou pourra-t-on se contenter de cartes d'identité que les électeurs ont déjà en leur possession? Si on opte pour la carte d'électeur, devra-t-elle comporter une photographie, une empreinte digitale ou une autre marque d'identification? Les cartes pourront-elles être plastifiées à froid, éliminant ainsi le besoin de pourvoir les centres d'inscription de courant électrique? Existe-il d'autres sources de données susceptibles de faciliter la mise à jour des renseignements relatifs à un électorat mobile? Entre 18 et 24 % de la population canadienne, par exemple, déménage chaque année. Une telle mobilité peut affecter sérieusement les coûts associés au maintien d'une liste électorale actuelle et exacte. Les réponses à ces questions auront un effet direct sur les coûts associés aux personnes. Parallèlement, on peut se demander comment seront réparties les dépenses : seront-elles toutes engagées durant la période préélectorale, avec des dépenses exceptionnelles l'année d'une élection, ou s'étaleront-elles tout au long du cycle électoral? Les réponses à ces questions et bien d'autres affecteront sérieusement les coûts globaux du processus d'inscription. Coûts de l'informatisation Il ne faut jamais sous-estimer les coûts associés à l'informatisation d'un système d'inscription. Ces coûts comprennent la construction du système et les coûts initiaux d'achat de l'équipement, des logiciels et du recrutement du personnel de soutien qualifié. La prochaine couche de coûts ou de dépenses est celle associée à l'opération continue et au maintien du système. Si le maintien inclut la modernisation de l'équipement et des logiciels au fur et à mesure que de nouvelles versions deviennent disponibles sur le marché, il faut accepter d'emblée que ces coûts seront considérables. Le coût de former sur une base permanente des opérateurs et du personnel de soutien est continu, tout autant que le coût d'utilisation de la technologie entre les scrutins et durant les scrutins. Finalement, si toute la fonctionnalité administrative (la façon de gérer toutes les activités reliées à l'inscription) est intégrée au système informatique, des plans d'urgence efficaces doivent être élaborés pour faire face à toute panne éventuelle. Ceci comprend les génératrices, des réseaux et d'autres systèmes de rechange, en plus d'un soutien administratif 24 heures sur 24. Tous ces facteurs entraînent des coûts considérables et on doit en tenir compte avant de décider d'utiliser l'informatisation. Économies et efficacité Bien que les coûts associés à des initiatives d'inscription d'électeurs exhaustive et inclusive peuvent être considérables, les règles générales suivantes peuvent conduire à une plus grande efficacité et à des économies.
Inscription : démocratie et représentativitéExhaustivité, actualité et exactitude Les élections périodiques et ouvertes sont une pierre angulaire de la démocratie; tous les citoyens doivent donc pouvoir s'inscrire et voter. L'inscription et le vote peuvent être simplement un droit ou également une responsabilité liée à la citoyenneté. Les responsables de l'élaboration des systèmes d'inscription des électeurs doivent préciser le principe qui prédomine dans leur système, puis déterminer le niveau d'exhaustivité, d'actualité et d'exactitude qu'ils veulent atteindre. Une liste électorale est complète lorsqu'elle inclut tous les électeurs admissibles. Elle est à jour lorsque les données disponibles sur les électeurs sont exactes le jour de l'élection (l'adresse actuelle est reflétée ou les nouveaux électeurs admissibles ont été inscrits). La liste électorale est exacte lorsque les données sur les électeurs ont été inscrites correctement (sans erreur de typographie ou autres). Les normes pour vérifier le rendement de ces trois qualités varient d'une administration à l'autre et d'un système d'inscription à l'autre. Critères de coûts et de rendement Il existe une relation inverse entre le rendement sur ces trois mesures et le coût d'un système d'inscription des élections. Il va de soi que l'inscription des électeurs éventuels les plus faciles coûte moins cher que d'inscrire les plus difficiles. Il arrive un temps où le coût d'inscrire certains électeurs difficiles à inscrire peut même devenir prohibitif. Les électeurs qui peuvent être difficiles à inscrire comprennent ceux qui vivent dans des régions éloignées, ceux qui changent souvent d'adresse, les nomades qui n'ont pas d'adresse permanente et ceux qui ne retournent pas leur formulaire. Inclusivité On entend par inclusivité l'inscription des citoyens appartenant à tous les groupes et à toutes les catégories. L'inscription est inclusive lorsqu'elle n'est pas discriminatoire à l'égard de certains groupes identifiables. Il est à remarquer, toutefois, que certains groupes sont plus difficiles à inscrire en raison de leurs caractéristiques sociales ou économiques, entre autres les personnes vivant dans les régions rurales, peu instruites, économiquement marginalisées ou sans abri. En outre, certains groupes sont parfois tenus à l'écart des affaires publiques et politiques en raison de préjugés culturels; c'est le cas des femmes dans certaines parties du monde. En pareils cas, il faut multiplier les efforts pour assurer le caractère inclusif du système d'inscription. Il est important de connaître les formes officielles et officieuses d'exclusion électorale et de les prévenir par le biais des mécanismes administratifs électoraux. Exclusion administrative des électeurs admissibles Les exclusions administratives d'électeurs admissibles sont les plus grands obstacles à l'inclusivité. Les électeurs sont exclus lorsque le système d'inscription n'incite pas les électeurs à s'inscrire et plus particulièrement lorsque des obstacles administratifs empêchent les électeurs de s'inscrire. Les électeurs peuvent être exclus administrativement pour plusieurs raisons; toutes peuvent mettre en danger la légitimité électorale.Voici certaines causes d'exclusion administrative, et les solutions possibles :
Exclusion administrative au Cameroun Lors de ses élections législatives en 1997, le Cameroun comptait 6 020 000 électeurs admissibles. De ce nombre, 3 719 774 seulement se sont inscrits, soit 64,5 %. Il semblerait que plusieurs des non-inscrits ont été exclus administrativement en raison des faiblesses du système d'inscription. Il y a eu allégation, par exemple, de pratiques d'inscription discriminatoires envers les membres de certaines communautés ethniques. On aurait également exigé des preuves de citoyenneté plus rigoureuses des membres de certains groupes ethniques. De plus, des plaintes ont été formulées à l'effet que le système d'inscription était mal organisé et mal annoncé et que les communications laissaient à désirer.33 Il ne faut donc pas s'étonner du faible taux d'inscription. Contexte social et politique entourant l'inscription des électeursSensibilité aux conditions locales L'inscription des électeurs n'est pas un processus universel qui répondra à toutes les situations. Il existe un éventail de mécanismes permettant l'établissement d'une liste électorale. Le dosage exact des caractéristiques du système mis en place dans un milieu donné devra tenir compte du contexte social et politique. Parmi les facteurs locaux dont il faut tenir compte dans l'élaboration d'un programme d'inscription des électeurs spécifique, mentionnons :
Niveau d'alphabétisation Le niveau d'alphabétisation influence directement la capacité de l'administration électorale à communiquer avec les électeurs éventuels. Lorsque le niveau d'alphabétisation est élevé, l'inscription des électeurs s'effectue facilement par le biais de communications efficaces et économiques entre les électeurs et les administrateurs électoraux. Dans un contexte de liste continue et lorsque le niveau d'alphabétisation est élevé, les administrateurs électoraux peuvent envoyer aux électeurs des cartes comprenant des renseignements personnels à jour. Les électeurs n'ont qu'à vérifier l'exactitude de ces renseignements et aviser par retour du courrier s'il y a lieu d'apporter des corrections. Cette méthode doit évidemment pouvoir compter sur un système postal et des adresses fiables. Même dans les pays qui connaissent un haut niveau d'alphabétisation, cette infrastruture n'est pas toujours existante. Cette procédure s'applique encore moins lorsque le niveau d'alphabétisation est peu élevé. Dans de tels cas, il faudra absolument établir des moyens de communication entre les électeurs et les administrateurs électoraux. Les chefs des communautés doivent également jouer un rôle important dans la diffusion des renseignements relatifs au système d'inscription. Dans les pays où le niveau d'alphabétisation est élevé et où le contact personnel entre les électeurs et les préposés à l'inscription n'est pas une nécessité, on doit s'assurer que les formulaires d'inscription sont faciles à comprendre et ne sont pas encombrés d'un jargon légal que le citoyen moyen ne peut comprendre. En d'autres mots, les formulaires d'inscription ne doivent pas être un test d'alphabétisation. Dans les régions où le niveau d'alphabétisation est peu élevé, le système devrait prévoir que les préposés à l'inscription remplissent les formulaires d'inscription, soit par un recensement porte-à-porte ou à des centres d'inscription. Le contexte culturel Toutes les sociétés possèdent des normes, valeurs, croyances et attitudes culturelles qui définissent le comportement des membres de la communauté. Il arrive que ces normes influencent le comportement face aux activités électorales, y compris l'inscription des électeurs. Dans l'élaboration des procédures pour l'inscription des électeurs, on devrait tenir compte de ces comportements et des besoins d'un gouvernement démocratique. Dans plusieurs sociétés, le rôle que jouent les femmes au sein du processus politique soulève des questions d'ordre culturel. Les systèmes électoraux qui accordent le suffrage universel s'assurent habituellement que les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes en matière d'inscription et de vote. De même, les sociétés qui sont composées de plusieurs groupes minoritaires culturels, ethniques ou religieux peuvent s'abstenir de tenir des élections les jours fériés ou religieux. Le climat Tout comme les facteurs sociaux et politiques, le climat influence les choix de systèmes. Dans les pays qui jouissent d'un niveau de développement économique élevé, le climat a peu d'impact sur l'inscription et le vote. Le processus d'inscription peut s'effectuer par le biais de l'électronique et de l'informatique. De telles démocraties ont également des infrastructures administratives modernes et l'inscription n'est pas affectée par des conditions atmosphériques adverses. L'élection de 1997 au Canada a suivi son cours normal malgré des sinistres causés par des inondations considérables dans le tiers du sud de la province du Manitoba et malgré le fait que le recensement ait été effectué plusieurs mois avant les inondations. De même, le comté Dade, en Floride, aux États-Unis, a été frappé par l'ouragan Andrew durant la campagne électorale de 1992.34 Dans les régions moins développées, la température et autres conditions climatiques peuvent influencer le moment prévu pour l'inscription et le jour du vote. Certains facteurs comme la sécheresse, la saison des pluies, le temps des semences et des récoltes, ont un impact direct important sur la possibilité de s'inscrire. L'inscription doit donc être reportée à une date tenant compte de ces événements climatiques. Compétences administratives Les administrateurs électoraux doivent déterminer s'ils disposent des compétences administratives nécessaires pour atteindre les objectifs anticipés d'inscription. Le cadre administratif comprend les aptitudes de planification administrative et logistique (voir Liste périodique : infrastructure administrative) et (Liste périodique : planification de la logistique), la cueillette des données d'inscription (voir Liste périodique : cueillette des données d'inscritption), les politiques d'achat et les procédures (voir Liste périodique : achat et préparation du matériel), les compétences opérationnelles (voir Liste périodique : éducation des électeurs), la sélection et la formation des travailleurs (voir Liste périodique : recrutement et formation du personnel) et les effectifs pour mettre en oeuvre tout ce qui précède (voir Liste périodique : mise en oeuvre). L'établissement et le maintien de cette infrastructure administrative coûtent cher et demandent du temps. Cependant, sans l'infrastructure appropriée pour mener les initiatives d'inscription des électeurs et l'élection elle-même, le processus n'atteindra pas la légitimité et l'intégrité auxquelles les gouvernements aspirent en démocratie. Un des objectifs principaux d'une infrastructure administrative appropriée est la longévité : elle ne doit donc pas avoir à être remise sur pied à chaque élection. L'environnement politique Il va de soi que le climat politique d'un pays peut influencer largement l'inscription des électeurs et les élections. L'environnement politique peut être entièrement paisible alors que tous les partis acceptent la légitimité du processus électoral, ou encore lourd de tension à cause de conflits domestiques ou internationaux. Les possibilités qui existent entre ces deux situations extrêmes sont infinies. La situation idéale veut que l'inscription et le processus électoral se déroulent dans un climat politique harmonieux bien qu'il faut reconnaître que cette situation n'est pas toujours possible. Autrement, la légitimité de l'élection sera mise en doute. Pour compenser un environnement politique moins qu'idéal, les administrateurs électoraux se doivent d'être justes et impartiaux et d'être perçus comme tels. Les partis politiques devraient pouvoir constater que l'administration de l'élection fait preuve de transparence.
Inscription des électeurs : historiqueLes objectifs de l'inscription des électeurs Lors d'une discussion fort utile à propos du processus d'inscription des électeurs, William Kimberling énonce trois raisons principales pour justifier l'inscription des électeurs :
Le dernière raison comprend la reconnaissance des partis politiques, le découpage des circonscriptions électorales, la détermination du nombre des bureaux de vote et de leur emplacement, le calcul du nombre de bulletins de vote qu'il faut imprimer et la communication des renseignements aux électeurs.35 Toutes ces raisons traditionnelles ont été plus ou moins importantes d'une période, selon l'endroit ou les circonstances. Cependant, toutes ont joué un rôle important dans l'adoption de procédures pour l'inscription des électeurs. La présente section examine l'élaboration des systèmes d'inscription des électeurs au fil du temps et accorde une attention particulière à leur origine. L'inscription des électeurs dans la Grèce ancienne Plusieurs de nos idées modernes relativement à la démocratie ont évolué à partir des expériences antérieures de gouvernements autonomes tels qu'ils existaient à Athènes et à d'autres endroits en Grèce, il y a plus de 1 000 ans. Déjà entre les sixième et quatrième siècles av., la société athénienne créait un système d'inscription des électeurs qui divisait la communauté économique de la communauté politique. La société comprenait trois différentes classes de gens : les citoyens, les étrangers-résidents et les esclaves. Ces trois classes pouvaient participer à la communauté économique même si les biens des esclaves faisaient formellement partie de la propriété des maîtres. Seuls les citoyens pouvaient cependant participer à la communauté politique, la polis. La citoyenneté n'était accordée qu'aux hommes qui avaient atteint l'âge de la majorité, soit apparemment 18 ans. En fin de compte, en raison du service militaire obligatoire, le droit de participation dans les affaires de la polis n'était acquis de facto qu'à l'âge de 20 ans.36 Identification des électeurs admissibles Étant donné la distinction qui existait entre les trois classes de la communauté, et le droit de vote étant accordé aux citoyens mâles seulement, il fallait identifier les citoyens. Par conséquent, le deuxième objectif était atteint puisque tous les citoyens admissibles étaient identifiés. Avant le règne de Kleisthenes, en l'année 510 av., la citoyenneté athénienne était convoitée mais aussi contestée étant donné le haut niveau de mobilité et les droits politiques croissants qui y étaient associés. La citoyenneté était contrôlée par un petit nombre de familles aristocratiques. Kleisthenes a apporté des réformes à la fin du sixième siècle av. qui conféraient la citoyenneté aux descendants des hommes athéniens qui étaient inscrits dans les communautés politiques athéniennes (demes).37 À la suite de ces réformes, les demes ont été chargés du maintien du registre des membres qui jouissaient du statut de citoyen.38 Un registre des étrangers résidant au pays (metics) était également maintenu. Ce registre servait à faciliter la cueillete des impôts. Étant donné que seuls les citoyens avaient le droit de vote, le registre des citoyens devenait également le registre électoral ou la liste électorale. Prévention de la fraude Les citoyens athéniens devaient être présents à l'Assemblée pour voter. Leur nom devait d'abord apparaître au registre des citoyens avant qu'ils puissent faire leur entrée à l'Assemblée. Cette procédure se voulait préventive contre la fraude en empêchant les non-citoyens (c.-à-d. les inadmissibles) de participer aux discussions politiques à l'Assemblée et de voter. De fait, la pénalité imposée aux personnes coupables de fraude électorale étaient très sévères. Les personnes non autorisées qui tentaient de participer aux réunions de l'Assemblée étaient arrêtées et traînées devant une cour de citoyens qui pouvait les condamner à mort.39 Autres raisons justifiant un registre À travers les temps, un nombre de fonctions gouvernementales administratives sont devenues la responsabilité des demes. Il s'agissait de la reconnaissance et de l'inscription des nouveaux citoyens. Et bien que l'armée athénienne était tribale (elle comptait 10 tribus) plutôt que liée aux demes (il y en avait 139), la conscription ou l'appel des jeunes gens au service militaire obligatoire était sous l'égide du demes, qui utilisaient le registre des citoyens.40 Même à cette époque ancienne de l'évolution démocratique, les documents utilisés aux fins du registre électoral, ou la liste des électeurs, répondaient aux trois raisons qui justifient la tenue de tels registres. L'inscription des électeurs dans les temps modernes L'inscription des électeurs, dans les démocraties modernes, a pris un essor en Grande-Bretagne avec l'adoption du Reform Act de 1832.41 Les raisons de cette évolution s'expliquent par l'accroissement de l'urbanisation de la société britannique et de la complexité des lois relativement au droit de vote des citoyens. En 1910, sept groupes avaient le droit de vote : les propriétaires, les citoyens d'honneur d'une ville, les universitaires, les professionnels, les locataires, les fournisseurs de service et les locateurs. Les listes électorales ne servaient d'abord qu'à identifier les électeurs admissibles. Ces listes n'atteignaient vraiment pas leur objectif puisque 25 % des électeurs admissibles ne s'y trouvaient pas.42 Étant donné que le droit de vote en Grande-Bretagne s'est graduellement étendu sur une période de près de 100 ans (1832 à 1918) d'une minime et sélective proportion de l'électorat potentiel à la presque totalité des adultes, le registre électoral, ou la liste électorale, satisfait au deuxième objectif, qui est de prévenir les actes de fraude par l'électorat inadmissible. L'existence de bourgades corrompues qui ne comptaient que bien peu d'électeurs admissibles prouve cependant l'existence de pratiques politique corrompues. L'administration des élections s'est grandement améliorée avec l'adoption du Representation of the People Act of 1918. Les gestionnaires du gouvernement local ont été chargés de maintenir les listes électorales. Alors que le 20e siècle tire à sa fin, le système d'inscription en Grande-Bretagne semble être démodé. Il continue à établir une date limite annuelle pour l'inscription. La liste accuse donc un retard de quatre à six mois en tout temps.43 La mobilité toujours croissante de la population et les progrès considérables qu'ont connus d'autres pays dans le maintien d'une liste électorale à jour, ont amené le gouvernement de Westminster à prendre des résolutions en vue d'améliorer l'administration des élections, et plus particulièrement pour examiner des changements à leur système d'inscription des électeurs. Bien qu'il soit encore trop tôt pour connaître la nature exacte de ces réformes, il semble que des changements majeurs seront apportés. L'expérience américaine de l'inscription des électeurs Dans les premières années de démocratie représentative, les États-Unis n'utilisaient aucun système formel pour inscrire les électeurs. À l'époque Jacksonenne dans l'histoire politique américaine (années 1820 à 1840), les villes et villages étaient encore assez petits et l'inscription des électeurs était jugée inutile. En général, les administrateurs électoraux venaient des communautés locales, connaissaient tous les électeurs et savaient s'ils demeuraient dans la région. Les bulletins étaient émis sur la base de cette connaissance personnelle et informelle.44 L'évolution vers un système d'inscription des électeurs plus rigoureux aux États-Unis a été influencée largement par trois facteurs. Le premier a été l'urbanisation croissante de la population, faisant que les administrateurs électoraux étaient de moins en moins aptes à connaître personnellement tous les électeurs admissibles de leur district. Le deuxième a été le taux croissant de la population immigrante, plus particulièrement dans les villes du nord, ce qui a contribué à l'influence insidieuse d'une machine politique de plus en plus corrompue. Troisièmement, l'abolition de l'esclavage après la Guerre civile américaine en 1865 a poussé bien des administrations, plus particulièrement dans les États du sud, à chercher des moyens d'empêcher les Noirs de voter et de participer aux élections. Des exigences d'inscription relativement strictes, auxquelles se sont ajoutées les taxes de vote, les tests d'alphabétisation et autres, ont toutes contribué à des exclusions administratives.45 L'inscription comme moyen de limiter la participation de l'électorat Dans les premières années de l'histoire des systèmes d'inscription aux États-Unis, il semble y avoir eu conspiration afin de limiter le nombre de personnes admissibles à voter. De fait, les soupçons de fraude parmi les populations immigrantes et les partis politiques, ainsi que la volonté de limiter le droit de vote des Noirs devenus admissibles, ont amené l'élaboration d'un système d'inscription des électeurs indépendants aux États-Unis. Teixeira interprétait les lois relatives à l'inscription personnelle adoptées initialement aux États-Unis comme rendant les mécanismes de vote plus difficiles pour bien des Américains. Ces lois empêchaient la participation massive des électeurs en les forçant à franchir une série d'obstacles bureaucratiques pour pouvoir voter.46 Plus récemment, les États-Unis ont fait des progrès considérables dans l'élimination des obstacles à l'inscription et à la participation aux élections. Ironiquement peut-être, la participation politique n'en a pas pour autant augmenté. Les tribunaux américains ont joué un rôle actif dans l'élimination des obstacles à l'inscription pour les Noirs durant les années 1950 et 1960. L'adoption du Voting Rights Act, en 1964, a reçu l'appui du Congrès et de l'administration. Cette loi fédérale progressive exigeait l'inscription de tous les électeurs noirs admissibles. Encore plus récemment, au cours des années 1990, l'adoption du Motor Voter Act (the National Voter Registration Act, 1993) est venue normaliser et simplifier l'inscription des électeurs en l'incorporant à son système d'enregistrement des véhicules. Le système d'inscription des électeurs aux États-Unis a progressé graduellement d'un système tentant d'abord de prévenir la fraude électorale par des exclusions administratives, à un système qui est maintenant conçu de façon à faciliter le vote en identifiant tous les électeurs admissibles, et qui encourage l'inclusion administrative. L'adoption de procédures d'inscription des électeurs dans toutes les démocraties Toutes les démocraties qui ont adopté des procédures d'inscription des électeurs ont leurs propres antécédents historiques. La Suède a d'abord mis sur pied un registre civil qui peut être utilisé pour divers programmes socioéconomiques (comme le plan de santé universel et les listes pour taxation) tout autant que pour l'inscription des électeurs. Les nouvelles démocraties qui se manifestent, qu'elles soient en Europe centrale, en Amérique latine, en Asie ou en Afrique, exigent maintenant que leurs administrateurs électoraux examinent les options qui s'offrent à eux lorsqu'ils ont à mettre en place un appareil administratif pour conduire des élections, y compris des mécanismes d'inscription. Selon Jeffrey Fischer de l'International Foundation for Election Systems, les options comprennent les suivantes :
L'objectif du projet Administration et coût des élections (ACE), et plus particulièrement celui de la présente section sur l'inscription des électeurs, est de fournir des conseils sur l'approche à prendre pour examiner ces questions et sur certains aspects précis des options administratives et de leurs répercussions. Aucun système n'est une panacée universelle. Il faut étudier chaque cas à sa juste valeur et d'abord comprendre l'évolution historique du pays, et son contexte social, politique et économique. Toutefois, il existe de nombreux critères et normes généralement acceptés dont il faut tenir compte. Nous avons tenté de les cerner le mieux possible. Documentation additionnelleBibliographie BAKARY, Dr Tessy et Susan L. PALMER. Le 17 mai 1997 Les élections législatives au Cameroun, Washington, IFES, 1997. BAYER, Thomas C. The Ivory Coast, Voters Registry Revision and Elections Preparation. A Technical Assessment, Washington, IFES, 1994. BUTLER, Vic et Joe BAXTER. 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Courtney, Cambridge, Centre pour les affaires internationales, Université de Harvard, 1991. Principes généraux liés à l'inscription des électeursLa présente section examine certains des avantages et désavantages des diverses options en matière d'inscription des électeurs et souligne ceux qui suivent :
Elle examine également des questions liées à divers aspects de l'inscription :
On peut trouver plus de détails dans les sections Liste électorale périodique : un aperçu, Registre continu des électeurs : un aperçu et Registre de l'état civil pour établir la liste des électeurs : un aperçu.
Méthodes d'inscription : avantages et désavantagesTrois méthodes d'inscription des électeurs Les trois méthodes principales d'inscription des électeurs sont les suivantes :
Chacune de ces méthodes comporte ses forces et ses faiblesses. Il n'y a donc pas de méthode universelle qui soit la bonne pour tous les pays et toutes les circonstances. Au contraire, il importe de choisir la méthode qui est la mieux adaptée au contexte dans lequel elle doit être utilisée. Jusqu'à un certain point, la transition d'une méthode à une autre exige une certaine logique de développement. La liste périodique est, à plusieurs points de vue, la plus simple étant donné qu'elle n'exige aucune administration entre deux élections. La liste continue est bâtie à partir de programmes d'inscription antérieurs et doit être maintenue à jour en tout temps. Cette méthode requiert des efforts administratifs considérables et continus. Le registre de l'état civil maintient une base de données pour diverses raisons, dont l'une est l'inscription des électeurs, et son bon fonctionnement administratif requiert des efforts encore plus considérables. La logique du développement ne justifie pas en soi un changement de système. Les administrations électorales tentent plutôt d'améliorer le fonctionnement administratif du système qu'elles exploitent plutôt que de le changer. Opter en ce sens signifie rebâtir tout le système. Les autres rubriques de la présente section décrivent plus en détail les avantages et désavantages de diverses méthodes. Liste périodique : principes générauxCaractéristiques de la liste périodique Une liste périodique est établie de nouveau à chaque élection. Cette liste est donc dressée pour usage occasionnel plutôt que continu. Elle n'est ni maintenue ni modifiée entre les élections. Elle est établie pendant la période qui précède immédiatement l'élection, la plupart du temps à l'intérieur d'un délai restreint. La liste est d'autant plus à jour si elle est dressée près de la date de l'élection, du moins en ce qui a trait à l'admissibilité et à l'adresse des électeurs. Les pays dont le système électoral est fondé sur le système britannique (style Westminster) et qui utilisent la liste périodique (comme le Canada jusqu'au début des années 1990), établissent leurs listes électorales durant la période électorale (après la dissolution du parlement et après la délivrance des brefs d'élection). Lors de son élection fédérale en 1997, l'administration électorale du Canada, Élections Canada, a adopté la liste continue des électeurs et effectué un recensement dans les mois qui ont précédé le début de la campagne électorale. D'autre part, la Grande-Bretagne n'attend pas l'avénement de l'élection pour établir sa liste électorale. Elle la maintient plutôt à jour en effectuant chaque année une campagne de mise à jour et les listes sont fermées jusqu'à la prochaine mise à jour annuelle. Certains ont qualifié cette liste de liste continue à mise à jour périodique. Les systèmes autres que britanniques (en dehors du système Westminster) qui tiennent des élections à dates fixes peuvent établir la liste avant le début officiel de la campagne électorale. Ce dernier scénario accorde plus de temps pour la confection de la liste préliminaire (voir Liste périodique : établissement de la liste préliminaire) et de la liste finale (voir Définition des méthodes d'inscription des électeurs et Liste périodique : introduction et définition). La liste périodique est établie dans un délai relativement court et doit contenir le nom de tous les électeurs. Elle exige donc des ressources humaines et financières substantielles au moment de l'inscription. Ceux de la liste périodique sont encourus en peu de temps. Au Ghana, par exemple, pour établir une liste périodique il n'en faut pas moins de 20 000 centres d'inscription et de 60 000 préposés formés.48 Les coûts de la liste continue s'étendent sur une plus longue période.
Avantages de la liste périodiqueLa liste périodique comprend notamment les avantages suivants.
Désavantages de la liste périodiqueLa liste périodique comporte notamment les désavantages suivants.
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