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Scrutin majoritaire uninominal : avantages
Le système majoritaire uninominal (SMU), comme d'autres systèmes électoraux majoritaires, est reconnu pour sa simplicité et le fait qu'il permet l'élection de représentants rattachés à un territoire géographique particulier. On fait fréquemment la louange du scrutin majoritaire uninominal parce qu'il a tendance à :
- offrir aux électeurs un choix clair entre deux partis principaux. Dans un SMU, les désavantages intrinsèques pour les partis minoritaires ou de troisième place tendent à produire un parti de gauche et un parti de droite qui s'échangent le pouvoir. Les autres partis tendent aussi à s'effriter et à disparaître, n'atteignant jamais le seuil de popularité qui leur permettrait d'obtenir le nombre de sièges au parlement qui correspond au pourcentage de voix que l'électorat national leur accorde;
- créer des gouvernements à parti unique. Les sièges en prime qui reviennent communément au plus grand parti sous le SMU (par exemple, un parti qui remporte 55 % des sièges avec 45 % des suffrages) font que les gouvernements de coalition sont l'exception plutôt que la règle. Par conséquent, on en fait souvent l'éloge du fait que le cabinet n'a pas à négocier de compromis avec un partenaire de coalition minoritaire;
- créer une opposition parlementaire cohérente. En théorie, l'inverse d'un gouvernement à parti unique puissant est que l'opposition obtient suffisamment de sièges pour jouer un rôle de vérification critique et se présente comme une alternative viable au gouvernement au pouvoir;
- avantager les partis politiques de grande envergure. Dans le cas de sociétés renfermant plusieurs groupes ethniques ou factions régionales, le SMU encourage les partis politiques à élargir leur base, de façon à englober plusieurs éléments de la société, tout particulièrement lorsqu'il y a seulement deux partis principaux et plusieurs groupes sociaux différents. Ces partis peuvent alors présenter une vaste gamme de candidats aux élections. En Malaisie, par exemple, sous un SMU, la coalition au pouvoir est un mouvement à grande échelle, qui présente des candidats chinois dans les secteurs malais et vice versa;
- exclure les partis extrémistes de la représentation parlementaire. À moins que l'appui d'un parti extrémiste minoritaire soit concentré géographiquement, il est peu probable qu'il remporte des sièges dans un scrutin majoritaire uninominal. Le SMU se distingue ainsi des systèmes purement proportionnels (RP), où une fraction de un pour cent du vote national peut assurer la représentation parlementaire;
- maintenir le lien entre les électeurs et leurs députés. Le plus souvent, on considère la représentativité géographique au parlement comme étant l'avantage principal du SMU : les députés représentent des territoires précis, composés de villes, de villages ou de régions, plutôt que le parti uniquement. Plusieurs promoteurs du SMU font valoir que l'imputabilité réelle d'un représentant dépend du fait que les électeurs d'une région le connaissent et qu'ils sont en mesure de le réélire ou de l'expulser lors des élections. Certains analystes ont même avancé que cette imputabilité géographique est particulièrement importante dans les sociétés agraires et dans les pays en voie de développement;
- permettre aux électeurs de choisir des gens plutôt qu'uniquement des partis. Cet avantage se rattache au précédent, en ce sens que les électeurs peuvent évaluer le rendement d'un candidat en particulier plutôt que de devoir accepter la liste des candidats présentée par un parti, comme c'est le cas dans certains systèmes électoraux RP à scrutin de liste;
- permettre à certains candidats indépendants populaires de se faire élire. Cela est particulièrement important pour le développement de systèmes de partis, là où la politique tient souvent aux liens de parenté, aux clans ou à l'amitié, plutôt qu'elle ne repose sur une structure établie de partis politiques;
- finalement, le SMU est particulièrement apprécié parce qu'il est simple à utiliser et à comprendre. Un vote valide n'exige qu'une marque à côté du nom ou du symbole d'un candidat et le nombre de candidats sur le bulletin de vote est normalement peu élevé, ce qui facilite la tâche des administrateurs de l'élection.